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Santé

[Gabon] Covid-19 : Le Copil envisage un allègement des mesures restrictives

Selon le comité de pilotage du plan de veille et de riposte contre la pandémie de la covid-19 (COPIL), la propagation de la maladie serait en nette régression au Gabon. Une évolution de la courbe des contaminations qui l’amènerait à suggérer au gouvernement un allègement des mesures de restrictions.

Au cours de sa conférence de presse du 12 juin dernier, le docteur Guy-Patrick Obiang, porte-parole du comité de pilotage du plan de veille et de riposte contre la pandémie de la covid-19 (COPIL), a annoncé « une évolution avec une tendance baissière de la courbe » des contaminations à la Covid-19 au Gabon. Selon son porte-parole, le COPIL préconise par conséquent de proposer au gouvernement d’alléger les mesures restrictives mises en place en vue de limiter la progression de la pandémie dans le pays.

Dès sa création, le Copil avait défini une stratégie de riposte contre le Covid-19 qui visait la limitation des contaminations locales, celle de la propagation communautaire et massive, ainsi que la prise en charge des cas positifs. Pourtant, malgré tout le dispositif annoncé par le gouvernement, le nombre de personnes infectées n’a eu de cesse d’augmenter depuis l’annonce du premier cas dans le pays il y a environ trois mois. À la date du 17 juin 2020, le Gabon compte 4229 cas confirmés, dont 1505 guérisons, et 30 décès. Ce qui conforte l’opinion dans l’idée que leur gestion de la pandémie est un échec notoire. Notamment avec l’opacité qui est entretenue sur le protocole des soins prodigués aux malades, le personnel soignant qui se plaint de n’être pas suffisamment protégé, les malades qui disent être à l’abandon, ainsi que les nombreuses contre-performances observées durant le confinement total du « Grand Libreville ». 

La décision d’évoluer vers un relâchement des mesures de protection interroge en effet sur sa perspicacité. Ceci d’autant plus qu’il annonce lui-même que le pic des contaminations n’est pas encore atteint. Et les statistiques données par le Copil révèleraient une courbe de régression du nombre de contaminés plutôt faible. Guy-Patrick Obiang fait ainsi état d’une monté de la pandémie de 10 à 12% au mois de mars. Celle-ci, en raison vraisemblablement du déconfinement décidé à cette période, ayant très vite atteint un taux de 24% qui continu d’aller crescendo jusqu’à ce jour, puisque le nombre des contaminations par jour avoisine toujours le chiffre de 100.

De forts soupçons de chiffres faux dans l’opinion

Une question persiste dans l’opinion : combien de personnes sont testées par jour pour que le Copil annonce depuis le déconfinement partiel un nombre important de cas confirmés ? Les 60 centres de dépistage et de mise en quarantaine annoncés sur toute l’étendue du territoire ne sont pas connus du grand public. Selon une source, l’hôtel Rendama figurerait parmi ces centres, et le choix de cette structure hôtelière grand luxe laisse plus d’un perplexes entre : le manque d’installations médicales, ce que cela coute en numéraire, l’établissement hôtelier tout entier étant consigné à  cet effet.  Les Gabonais ne se bousculent pas au portillon pour appeler le numéro affecté pour signaler des symptômes de la maladie. La peur que n’importe quelle autre maladie pouvant occasionner de la fièvre les exposent à être déclarés positifs à la Covid-19 s’est installée dans les esprits depuis que des doutes se sont faits jour sur le fait qu’au Gabon, comme disent certains Librevillois,  « on ne meurt plus d’autre chose depuis l’apparition de la pandémie », sans omettre la question de la qualité des tests offerts par le président du groupe Alibaba, Jack Ma, soit   20 000 kits de test et plus de 100 000 masques dans le but de prêter main-forte à chaque pays africain touchés par la pandémie. La fiabilité de ces tests serait à démonter.

De plus, dans le pays tout entier, les mesures dites << barrières>> semblent être prises à la légère par les populations. On observe dans les espaces publics, à l’exemple des marchés, des magasins… aucun respect des mesures de distanciations sociales. Beaucoup, aujourd’hui, ne portent les masques pour la plupart uniquement à cause de la pression exercée par les agents des forces de l’ordre. Des pressions qui ne font généralement pas cas du respect des droits humains et tournent beaucoup plus au racket. Situation vécue chaque jour depuis le début du confinement.  Le non-port du masque pousse en effet certains policiers à ridiculiser des pères et mères de familles en les faisant danser, faire des pompes ou même en les molestant proprement. À moins de payer un bakchiche aux patrouilles qui font les contrôles routiers.

L’allègement des mesures restrictives envisagées par le Copil contre toute logique donnerait-il raison aux Gabonais qui pensent que « la pandémie existe, certes, mais celle-ci est loin d’avoir la réalité qu’on veut faire croire » ? Quand bien même une autre source affirme que le véritable nombre de cas confirmés et décès seraient de loin au-dessus de ceux que le gouvernement veut une fois plus faire croire, conscient de son échec, et la peur d’alarmer les populations.  Dans les quartiers, entend-on dire ici et là « il n’y a pas grand monde qui connaisse, dans son entourage, quelqu’un qui connait quelqu’un atteint de cette maladie ».

Et même si des mesures d’allègement soulageraient les familles qui peinent à joindre les deux bouts, il n’en demeure pas moins que la décision du Copil, de l’avis du grand nombre, manque un peu de sérieux, et l’augmentation sans cesse observée depuis cette annonce le démontre clairement.

Journaliste spécialiste des questions sociales en Afrique Centrale.

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