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Crise Malienne

[Mali] Ibrahim Boubacar Keïta démissionne de ses fonctions de président de la République

Alors que le conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence ce mercredi 19 août 2020 pour examiner la situation au Mali suite à l’arrestation du président Ibrahim Boubacar Keïta par des mutins de l’armée malienne, ce dernier vient de faire une déclaration au cours de laquelle il annonce la dissolution de l’Assemblée Nationale, celle du gouvernement, ainsi que sa propre démission.

« Je ne souhaite qu’aucun sang ne soit versé pour mon maintien aux affaires », a déclaré Ibrahim Boubacar Keïta, tard dans la soirée du mardi 18 août 2020, depuis le camp militaire de Kati où il a été conduit en compagnie de son fils Karim et de son premier ministre en fin d’après-midi de mardi 18 août 2020. Le président de la République a ensuite annoncé sa démission de « toutes ses fonctions » à la tête de l’exécutif malien.

Sur un ton relativement calme et posé, le désormais ex-président du Mali a dit s’incliner devant les morts du 10 juillet 2020, tout en affirmant ne les avoir jamais souhaités. Il dit avoir essayé pendant 7 ans de « redresser » le Mali. Évoquant son parcours politique depuis sa « première mission de chef du gouvernement » du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta s’est dit « convaincu des efforts fabuleux qu’il fallait mettre en œuvre pour donner corps et vie à l’armée malienne ».

L’ex-président malien constate, cependant, l’échec de ses efforts. Selon lui, il ne garde aucune amertume sur la manière dont il est débarqué du pouvoir. « Si aujourd’hui, il a plu à certains éléments des forces armées de conclure que cela devait se terminer par leur intervention, ai-je réellement le choix ? », a-t-il tout simplement regretté, ajoutant : « c’est pourquoi je voudrais, tout en remerciant le peuple malien de son accompagnement tout au long de ces nombreuses années, de la chaleur de son affection, vous dire ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions, à partir de ce moment, et avec toutes les conséquences de droit, la dissolution de l’Assemblée Nationale et celle du gouvernement. ».

Un caillou dans la chaussure du conseil de sécurité de l’ONU

Dans la journée de mardi, alors que la mutinerie militaire était en cours, la Cédéao, l’Union Africaine, l’ONU, et plusieurs chefs d’États dont celui de la France, ont vivement condamné « tout changement de pouvoir en dehors du cadre légal et constitutionnel », appelant les militaires à faire taire les armes et à rentrer dans leurs casernes. Des sanctions étaient déjà même annoncées en cas de coup d’état au Mali. Et un conseil de sécurité de l’ONU a été convoquer en urgence pour ce mercredi 19 août 2020. Celui-ci devait certainement prendre des mesures fermes visant à isoler les putschistes et à les contraindre à un retour à l’ordre constitutionnel.

Cependant, avec la démission présentée par Ibrahim Boubacar Keïta lui-même, on ne peut plus parler de coup d’état au Mali, mais d’un cas de vacance du pouvoir prévu par la Constitution malienne. Seul problème : Ibrahim Boubacar Keïta, en remettant sa démission, a également dissout le parlement et le gouvernement. Ce qui complique l’équation de la transition dans le cadre constitutionnel, d’autant plus que le sénat n’a plus d’existence légale, son président ne pourra donc pas assurer l’intérim du président absent.

Un coup de maître de l’armée malienne qui crée un précédent

Selon toute vraisemblance, la démission d’Ibrahim Boubacar Keïta, qui entraîne de droit celle du gouvernement et du parlement selon ses propres mots, crée une situation de vide juridique. Comment en effet accuser les militaires maliens d’avoir perpétré un coup d’état dans un cas de figure où c’est le président qui démissionne à l’issue d’une « concertation » avec l’armée sur la situation du pays ? Il est clair que dans une telle situation, l’armée dont les missions sont, entre autres, de veiller à l’intégrité du territoire, à la sécurité des biens et des personnes, mais également à celle des institutions, reste le seul maître du jeu. Il faut donc s’attendre à ce que, conformément à la constitution malienne, ce soit elle qui apparaisse comme seule entité constitutionnelle légitime pour assurer la transition.

Il ne faut pour autant pas s’éloigner de vue que le Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces Patriotiques (M5-RFP) est à l’origine de la contestation populaire qui a abouti à la démission d’Ibrahim Boubacar Keïta. Cette coalition qui rassemble société civile, religieux et politiques, a démontré qu’elle rencontre l’adhésion d’une très large majorité des populations maliennes, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Elle aura très certainement son mot à dire. Et on sait que sa volonté a toujours été de convoquer une Conférence Nationale Souveraine qui aura également un rôle d’assemblée constituante.

C’est très certainement cette direction que prendra la transition au Mali, quelle que soit la manière dont celle-ci se mettra en place. Si les choses se passent ainsi, il faut croire que le peuple malien est sur le point d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la démocratie en Afrique.

« Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » (Albert Londres).

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