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[Mali] Fin des entretiens avec les émissaires de la Cédéao

Sentiment de satisfaction du Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP) après la rencontre avec la mission de la Cédéao arrivée à Bamako samedi. Selon le Colonel Ismaël Wague, porte-parole des militaires, les travaux se sont déroulés dans la sérénité et les délégués seront les fidèles interprètes de leurs demandes au sujet de la levée ou l’allègement des sanctions auprès de la conférence des chefs d’États qui se tient mercredi 26 août 2020. Le CNSP a, par ailleurs rencontré les diplomates français et algériens.

La mission de très haut niveau de la Cédéao, conduite à Bamako par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan depuis samedi a pris fin ce lundi 24 août 2020. Une déclaration du Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP) à travers son porte-parole l’a annoncé en début de soirée. Le colonel Ismaël en a profité pour énumérer les principaux points qui étaient sur la table des discussions avec l’organisation sous-régionale 

Le premier de ces points, une exigence de Goodluck Jonathan et de sa délégation dès leur arrivée à Bamako, a été de rencontrer l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta afin de s’assurer, entre autres, de son état de santé et de ses conditions de détention. Cette rencontre s’est effectivement déroulée samedi dans un lieu resté secret pour des raisons de sécurité. 

Le porte-parole indique qu’Ibrahim Boubacar Keïta a pu rassurer ses visiteurs en leur disant qu’il a « démissionné volontairement et sans pression ». Bien au contraire, il s’est dit « soulagé » de l’avoir fait parce qu’il avait compris que « c’était l’aspiration du peuple » de le voir partir. Toujours selon le colonel Ismaël Wague, Ibrahim Boubacar Keïta a clairement signifié à ses interlocuteurs qu’il n’avait aucune intention de revenir au pouvoir. Et il a remercié les militaires de l’avoir « sécurisé » à son domicile, faisant ainsi en sorte qu’il ne soit pas violenté par la population en colère.

L’autre point de discussion concernait l’allègement des conditions de sécurisation d’Ibrahim Boubacar Keïta en vue de lui permettre d’aller et venir pour nécessités de soins. Le porte-parole a indiqué que le CNSP a accédé à cette demande. L’ex-président est donc libre de choisir un lieu où il sera mis en sécurité, avec la possibilité de revenir au Mali selon son bon vouloir, sous la garantie actée par la Cédéao. Les conditions de sécurisation concernaient également les autres détenus, notamment Karim Keïta, le fils de l’ancien président. À ce propos, le CNSP dit attendre de voir l’évolution de la situation au Mali avant d’envisager un allègement de la sécurité autour de ces derniers. 

En ce qui concerne la transition à proprement parler, les uns et les autres ont donné leurs avis sur la manière dont ils souhaiteraient la voir se dérouler. Les délégués de la Cédéao, sur la base des déclarations d’Ibrahim Boubacar Keïta qui a lui-même dit ne plus vouloir occuper ses fonctions de président de la république du Mali, ont enjoint les militaires de mettre rapidement en place l’équipe devant assurer la transition. Cependant, le colonel Ismaël Wague a indiqué « qu’à ce stade, rien n’est arrêté, rien n’est décidé, et que l’architecture finale de la transition sera définie entre les Maliens ».

Par ailleurs, le CNSP a demandé que la Cédéao lève les sanctions qui pèsent sur le Mali. « Les sanctions sont un problème pour nous, parce que c’est le peuple qui va le plus en souffrir », a précisé le porte-parole des militaires, ajoutant qu’ils ont consenti à certains compromis à cette fin parce que, a-t-il dit : « au niveau de la communauté internationale, ils ne sont pas regardants sur la population, ils ne sont pas regardants sur ce qui se passe. Pour eux, les principes sont des principes ».

Les discussions ont été clauses après l’examen de ces différents points. Le colonel Ismaël Wague a enfin indiqué que les délégués leur ont confié qu’une conférence des chefs d’États de la Cédéao est programmée pour mercredi 26 août 2020. Ils leur soumettront les conclusions de leurs discussions, en mettant en avant les efforts consentis par le CNSP qui les a autorisés à rencontrer Ibrahim Boubacar Keïta, et s’est montré ouvert à la discussion en ce qui concerne les dispositions de la transition. En fonction de cela, les délégués espèrent que les chefs d’États y seront sensibles et envisageront de lever, ou tout au moins, d’alléger les sanctions.

Il faut par ailleurs noter qu’en marge des travaux avec la mission de la Cédéao, le CNSP a également eu une rencontre avec l’ambassadeur de France au Mali, accompagné du chef militaire de la force Barkane, avant de recevoir l’ambassadeur d’Algérie.

« Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » (Albert Londres).

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