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[Gabon] Quand la déclaration de la vacance du pouvoir devient la seule issue crédible.

Après la « visite de travail et d’amitié » avortée de Faure Essozimna Gnassingbé au Gabon le lundi 13 juillet dernier, la controverse ne s’est toujours pas estompée sur les « vraies raisons » de ce « contretemps diplomatique ». D’aucuns parlent d’une manipulation des services de la présidence gabonaise en vue de contrer la sortie récente du député français Bruno Fuchs. Au cours d’une séance au parlement français, le parlementaire a déclaré en parlant d’Ali Bongo : « le chef de l’Etat n’est plus en capacité de présider son pays depuis 18 mois en raison de son état de santé ». Sur ces entrefaites, les « apparitions numériques » d’un Ali Bongo plus actif que jamais sur le plan intérieur se sont curieusement multipliées. Un nouveau premier ministre a même été nommé. Réponse du berger à la bergère, ou opération de communication en désespoir de cause ? Une question taraude les esprits : le Gabon est-il devenu « infréquentable » au sein du monde diplomatique ? Seule certitude : le mystère entretenu autour de l’état de santé d’Ali Bongo Ondimba est devenu intenable.

Un rendez-vous manqué tout simplement ?    

       Dans un communiqué publié par les services protocolaires du palais du bord de mer le samedi 11 juillet 2020 dernier, la présidence de la république gabonaise annonçait pour lundi 13 juillet une « visite de travail et d’amitié » du président togolais Faure Essozimna Gnassingbé à son homologue Ali Bongo Ondimba. Cette annonce a, bien entendu, été confirmée par les médias du service public du Gabon.

Elle a d’ailleurs aussi été reprise en écho sur les réseaux sociaux par de nombreux ténors du régime, à l’instar de Franck Nguéma, l’indéboulonnable ministre des sports. Connu pour être très prolifique sur Twitter en matière de propagande du palais, il n’a pas dérogé à la tradition. Son sourire éclatant de VRP vend bien. Alors, pourquoi s’en passer ? Autant le dire franchement : c’était la totale. Le monde devait absolument savoir qu’Ali Bongo Ondimba est, comme on dit, « dans la place » et que « tout baigne ! ».

Le communiqué, lui, précisait que « Les deux chefs d’Etat auront l’occasion au cours du séjour du Président Faure Essozimna Gnassingbé à Libreville, d’échanger sur le renforcement de la coopération bilatérale et multisectorielle entre leurs deux pays ». Il évoquait également « le renforcement de la coopération bilatérale et multisectorielle dans un contexte particulier marqué par la pandémie de coronavirus ».

Les deux pays avaient en effet décidé, sous Omar Bongo, de « renforcer l’axe Libreville-Lomé », ce qui avait donné lieu à la signature, avec le président Étienne Éyadéma Gnassingbé du Togo, d’un accord qui créait une « grande Commission mixte de coopération » entre les deux États le 21 mars 1975 à Franceville dans la province du Haut-Ogooué.

Ainsi, le décor était planté pour que le voyage de Faure Essozimna Gnassingbé apparaisse comme une réponse du berger à la bergère que le Gabon adresse à la France. Car, il y avait comme de la friture sur la ligne Libreville-Paris. Et le palais du bord de mer se devait d’éteindre très rapidement ce qui ressemblait à un départ de feu à l’assemblée nationale française avec la récente déclaration de Bruno Fuchs qui relance le débat sur « l’incapacité à exercer le pouvoir » d’Ali Bongo Ondimba. Mais, manque de pot, le scénario ne se déroule pas comme prévu.

Des silences qui en disent long…

Lundi 13 juillet 2020, comme on a vite fait de le savoir, l’avion de Faure Essozimna Gnassingbé ne s’est pas posé sur le tarmac de Libreville. Chose incroyable en diplomatie : le président du Togo ne s’est tout simplement pas présenté au rendez-vous et il semble ne pas avoir jugé utile d’expliquer pourquoi. Sa porte restera d’ailleurs fermée aux journalistes de son pays et, de toutes manières, il était déjà passé à autre chose. Pour ce qui est du voyage avorté de Libreville, ce sera donc silence radio.

Le fait n’est pas aussi anodin que Libreville a bien tenté de le faire croire. Dans les usages bien connus du macrocosme diplomatique mondial, l’annulation d’un déplacement d’une telle importance, surtout quand il a été annoncé en fanfares par le pays d’accueil, fait généralement l’objet d’une communication officielle. À Libreville, on a surtout voulu faire croire à un non-lieu sans importance en essayant de faire passer l’incident sous silence, alors même que la tension dramatique générée par la situation était à couper au couteau. Amateurisme de la cellule de communication, ou embarras profond du président et de son entourage ?

Quoi qu’il en soit, la perception que les citoyens lambdas en ont eu de l’extérieur du palais, tendait plutôt à laisser croire qu’Ali Bongo Ondimba avait attendu son invité togolais jusqu’au bout du désespoir. Et comme il fallait s’y attendre, les réseaux sociaux se sont emparés de l’affaire et en ont fait des choux gras.

Un jour, deux jours, trois jours !… Finalement, c’est Jessy Ella Ekogha, le porte-parole de la présidence de la république, qui devra tirer les marrons du feu. Et encore, ce n’était pas de son bon vouloir. Au cours de sa traditionnelle conférence de presse hebdomadaire intervenue le mercredi 15 juillet, c’est une question de journaliste qui l’y oblige. Et, vraisemblablement, il s’y était préparé.

Avec des petites formules plutôt habiles, le porte-parole évacuera tant bien que mal la question. Ainsi, c’était « en raison d’une contrainte intervenue au dernier moment dans son agenda » que le président togolais n’avait pas « honoré son engagement » à rencontrer Ali Bongo Ondimba. Ce qui, en somme, revenait à dire qu’il ne s’agissait là que d’un incident mineur. Pas de quoi faire tout un drame. D’ailleurs, la présidence de la république avait tôt fait de faire disparaître toute trace de sa communication autour de cette affaire.

Du brouillard sur l’axe Paris-Libreville ?

Tout a commencé un certain lundi 8 juillet 2020, lorsque durant une séance de questions orales au gouvernement, Bruno Fuchs, ancien journaliste de TF1 et actuel député MoDem devenu REM de la sixième circonscription du Haut-Rhin a déclaré : « Au Gabon (…) le chef de l’État n’est plus en capacité de présider son pays depuis 18 mois en raison de son état de santé ».

Ce qui était plutôt surprenant car, c’est une thèse que la France Insoumise était quasiment seule à défendre à l’Assemblée Nationale française jusqu’ici. Son leader Jean Luc Mélenchon, dans la même veine, a d’ailleurs déposé au bureau de l’Assemblé Nationale française une question écrite dans laquelle il demandait des explications au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur la situation au Gabon.

Et il y a clairement exprimé sa préoccupation : « Ali Bongo, président en exercice a été victime d’un accident vasculaire cérébral. Depuis, il semble être dans l’incapacité d’assumer ses fonctions. C’est ce qu’indiquent la faible fréquence de ses sorties publiques et la délégation systématique de ses prérogatives à ses directeurs de cabinet. Son fils, Noureddine Bongo Valentin, exerce en ce moment cette fonction et le pouvoir présidentiel de fait ».

L’insoumis prévient le ministre de ce que « le Gabon risque de sombrer pour longtemps dans le chaos et la violence ». Il ajoute d’ailleurs que « depuis 2016, le peuple gabonais est empêché d’être maître de son destin. Il aimerait donc connaître la position de la France sur la situation politique du Gabon ».

Cette préoccupation Jean-Luc Mélenchon n’avait pas manqué de l’exprimer chaque fois que l’occasion lui en était donnée. Dès la première marche de protestation organisée par le collectif « Conseil gabonais de la Résistance » sur l’esplanade du Trocadéro à Paris, le président de la France Insoumise s’était déplacé en personne pour témoigner de son soutien au Gabonais après le bombardement du QG de Jean Ping dans la nuit du 31 août 2016. On se rappellera par ailleurs que son conseiller, Patrice Finel, avait déclaré sans détour au micro de Jacky Moiffo, journaliste et documentaliste camerounais, lequel le recevait sur sa chaîne YouTube le lundi 14 janvier 2019 : « Ali Bongo est mort depuis le 27 Octobre 2018 ».

Bruno Fuchs est connu comme étant très proche du président Emmanuel Macron. Cet ancien membre de la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel a adhéré au mouvement En Marche en septembre 2016 avant de s’illustrer comme fervent soutien du président français. Signataires parmi tant d’autres personnalités de la sphère politique française du manifeste franco-africain « Le temps est venu de créer une Union pour l’Afrique des projets, unifiant Africains et Français, voire Européens », il avait collaboré avec Emmanuel Macron dans de nombreux dossiers dont celui de l’Afrique.

Ainsi est-il difficile d’imaginer que le député français eût pu faire une telle déclaration à l’Assemblée Nationale française sans en avoir touché un mot au préalable au président de la République. Alors, de là à penser qu’il y aurait une tendance de l’Élysée à considérer avec circonspection « la situation de flou » qui prévaut autour de la capacité ou non d’Ali Bongo à exercer le pouvoir, il n’y avait qu’un pas. Et, selon toute vraisemblance, celui-ci était bien franchi.

Le Gabon en a d’ailleurs bien eu conscience. Plusieurs ministres de l’ancien gouvernement conduit par Julien Nkoghe Bekale, en concert avec d’autres proches du pouvoir, se sont empressés de dénoncer les propos de Bruno Fuchs en les qualifiant de « déclaration aux élans néocolonialistes ».

Une position que le porte-parole Jessye Ella Ekogha a tenté de relativiser par la suite au micro du correspondant Rfi au Gabon, Yves-Laurent Goma : « le président de la République s’attelle à la tâche quotidiennement ». Parlant du député Bruno Fuchs, il a ensuite ajouté que celui-ci « ne représente pas la position du gouvernement français. Aujourd’hui, la république française et la république gabonaise travaillent quotidiennement sur différents dossiers.

Pour exemple, on a eu la visite du secrétaire d’Etat Lemoigne il y a quelques mois. On a eu l’invitation du président Emmanuel Macron à son homologue Ali Bongo pour participer au sommet Afrique-France qui devait se tenir à Bordeaux, qui a été reporté du fait du Covid-19. Donc les relations sont très bonnes entre les deux États, tout simplement. ».

Comme un mauvais scénario d’un film de série B

La dernière visite de Faure Essozimna Gnassingbé au Gabon remonte au 7 mai 2019. À cette époque, plusieurs chefs d’États africains, perçus dans l’opinion comme faisant partie du « pré carré français », s’étaient relayés au chevet d’Ali Bongo Ondimba pour lui témoigner de leur soutien. Parmi ceux-ci, on avait noté une forte implication de Mohamed VI.

Devenu très actif dans les affaires intérieures du Gabon depuis le « séjour pour convalescence » d’Ali Bongo dans le royaume chérifien, le roi du Maroc avait alors établi ses quartiers à la Pointe Denis, une péninsule située à 7 km au large de Libreville.

À la faveur de son déplacement au Gabon dans cette foulée, le président togolais, tout comme l’Ivoirien Alassane Ouattara, avait eu des mots qui se voulaient absolument rassurants : « J’étais assez impatient de le voir puisque depuis son problème de santé, je n’avais pu avoir qu’une conversation téléphonique avec lui, qui m’avait déjà rassuré ».

Il avait ensuite renchéri : « c’est toujours bien de pouvoir venir et je le remercie de m’avoir donné cette occasion. J’ai été soulagé et rassuré de le voir en forme. C’est un grand plaisir de voir le président Ali Bongo retourner dans son pays et être aux affaires. Je pense que la région a besoin de lui, que l’Afrique a besoin de lui ».

Au chapitre des « petites phrases » opportunes et savamment formulées, il faut également retenir celle d’Emmanuel Macron. Alors qu’il prenait part au « One Planet Summit » à Nairobi au Kenya en avril 2019, le président français avait été accosté comme par hasard au détour d’une déambulation des personnalités qui prenaient part à ladite rencontre par Franck Nguema, nouvellement nommé ministre délégué aux eaux et forêts et à l’environnement.

Emmanuel Macron avait alors prononcé cette petite phrase en parlant d’Ali Bongo : « On est avec lui ». Un propos très sobre, mais qui n’en était pas moins décisif, d’autant plus qu’il confirmait la thèse d’une prompte guérison du miraculé de Riyad. Surtout lorsqu’il renchérit en disant : « J’ai eu le président Ali Bongo au téléphone il y a quelques semaines ».

Pourtant, pas grand monde n’avait été vraiment convaincu par tout ce balai diplomatique, ni par toutes ces mise en scènes pour le moins grandiloquentes. Pour une grande majorité de Gabonais en effet, il y avait derrière tout ce tintamarre une volonté manifeste d’asseoir la thèse officielle d’une « guérison miraculeuse » de celui dont tout le monde disait qu’il ne survivrait pas à cette seconde attaque cérébrale.

La première, on s’en souvient, était intervenue quelques semaines plus tôt, alors qu’Ali Bongo Ondimba tentait de prendre l’avion afin de se rendre à un sommet de chefs d’États africains qui se déroulait à Dakar.

Les doutes se sont surtout cristallisés à l’observation des apparitions devenues presque exclusivement cathodiques – disons numériques – d’Ali Bongo. Le président, qui vit désormais reclus dans son palais comme un paria, n’assume plus son magistère à la tête de l’État qu’à travers des Tweets, des photos envoyées sur les réseaux sociaux, ou par une « vidéo-gouvernance » en mode muet.

En dehors de ses « visiteurs étrangers » à qui personne n’accorde aucun crédit, et de son entourage très immédiat – constitué en l’occurrence de Sylvia Bongo, de Maixent Acrombessi (?), de Noureddine Bongo Valentin et de quelques affidés triés sur le volet et qui détiennent le fin mot de l’histoire – personne d’autre au Gabon ne peut dire avec certitude qu’il a parlé à Ali Bongo Ondimba depuis son « retour » au Gabon.

Pas même les premiers ministres qui se sont succédés à la tête de son gouvernement ; ou encore son ancien directeur de cabinet, Brice Fargeon Lacruche Allianga, dit  Monsieur «le président m’a dit de vous dire », ainsi surnommé au temps de sa fulgurante prestance comme « substitut du président », avant que Noureddine Bongo Valentin ne prenne officiellement ce rôle en raison de sa nomination au poste de « coordonnateur des affaires présidentielles ».

La propre famille d’Ali Bongo Ondimba n’y est d’ailleurs pas parvenue jusqu’à ce jour. Et lui-même semble être devenu totalement insensible aux lamentations récurrentes de son oncle Jean-Boniface Assélé qui a de plus en plus de mal à tenir sa langue au sujet des « origines douteuses » de son neveu de président. Sa « mère biologique » (sic), Patience Dabany en personne, a vidé toutes les larmes de son corps en réclamant ne serait-ce qu’un instant de tête à tête avec son fils. Mais Ali Bongo Ondimba n’a même pas daigné réagir après que cette dernière s’est fait molester par sa propre garde rapprochée.

Ajouté à tout cela les nombreuses incohérences relevées dans la communication organisée autour des activités présidentielles et les guerres des tranchées qui y sont déclenchées dans les couloirs du palais, la vie au sommet de l’état gabonais a pris toutes les apparences d’une « Télénovelas », avec des rebondissements pour le moins époustouflants.

« Tout ce qui se passe en face de nous, c’est du cinéma… »

Depuis le 24 octobre 2018, jour de l’accident vasculaire cérébral d’Ali Bongo à Riyad, une grande majorité de Gabonais soutiennent qu’Ali Bongo serait, soit mort, soit dans l’incapacité totale d’exercer le pouvoir. De ce fait, « ce n’est pas Ali Bongo qui est montré à travers toutes ces images muettes qui envahissent les réseaux sociaux » depuis tout ce temps, estiment bon nombre d’entre eux.

Une rumeur persistante prétend même qu’un sosie sous un masque de silicone serait, depuis près de deux ans, mis en scène par la présidence de la République pour « faire croire à la guérison, puis à la reprise des activités » d’Ali Bongo Ondimba.

Commentant justement ce retour « précipité » aux avant-scènes de la politique de l’intéressé, un activiste gabonais a estimé que « personne ne peut se relever au bout de trois mois d’un AVC hémorragique ayant nécessité un coma artificiel de niveau trois et une opération à crâne ouvert », ajoutant que « dans une situation similaire, le premier ministre israélien Ariel Sharon, malgré le fait d’avoir été pris en charge par les meilleurs médecins du monde, est resté dans le coma durant 8 ans avant de décéder le 11 janvier 2014 ».

Mais c’est Paul-Marie Gondjout, figure politique de l’opposition gabonaise, qui est allé plus loin en mettant directement en cause « madame l’épouse du chef de l’État » dans une déclaration sur le média en ligne Gabon news, devenue virale sur les réseaux sociaux. « Tout ce cinéma doit cesser ! », avait-il asséné, estimant que les Gabonais n’avaient plus de dignité sur la terre de leurs ancêtres à cause « des gens à qui ce pays a tout donné ».

Avant Paul Marie Gondjout, Jean-Rémi Yama, président du bureau de la confédération syndicale Dynamique unitaire, avait déjà brisé l’omerta autour de la situation au sommet de l’État. En effet, dans une déclaration rendue publique mardi 2 juillet 2019, le syndicaliste avait été plutôt amer : « à ce constat d’absence d’Ali Bongo Ondimba avec le peuple, s’ajoutent des conférences de presse iconoclastes à la Présidence de la République de ses homologues Chefs d’Etat africains qui les tiennent sans lui, au sortir pourtant d’un entretien avec lui.

Connaissant la propension d’Ali Bongo Ondimba à intervenir ou à apparaître à la moindre occasion, et à l’analyse de tous ces faisceaux d’indices, la Confédération Syndicale Dynamique Unitaire a l’intime conviction que le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba est mort, il n’existe plus ».

Mettre fin aux incertitudes

Une des exigences de la société civile gabonaise pour sortir le Gabon de cet imbroglio politique était que le président Ali Bongo Ondimba soit soumis à un examen médical. Un collectif composé de personnalités de l’opposition et de la société civile s’était constitué à cet effet le 28 février 2019.

Le club des dix, comme certains avaient surnommé les 10 membres dudit collectif, avait multiplié les recours judiciaires pour obtenir que la justice évalue l’état de santé du chef de l’État, victime d’un AVC en novembre 2018, et statue sur sa capacité à exercer ou non ses fonctions.

Dans un premier temps, le tribunal de première instance de Libreville avait jugé la demande d’Appel à agir irrecevable, s’estimant « incompétent » à constater « l’empêchement à gouverner » du président. Puis, la présidente de la première Cour d’appel de Libreville, Paulette Akolly, a finalement accepté d’entendre l’appel des requérants, rejetant de ce fait le recours introduit par les avocats d’Ali Bongo Ondimba. Cette décision finira par lui coûter très cher, d’autant plus qu’elle a été accusée de « parjure » en raison du fait que la cour de cassation avait déjà rendu une décision de rejet sur cette affaire.

Pourtant, à bien y réfléchir, une expertise médicale d’Ali Bongo Ondimba aurait plutôt été à l’avantage de ce dernier, puisque son entourage, appuyé par tous ses homologues qui ont multiplié avec lui des visites d’amitié et des séances de travail le disent « bien portant ».

C’est d’ailleurs ce que les services de communication du palais du bord de mer et l’ensemble du gouvernement s’emploient à démontrer tous les jours. Là où personne ne comprend grand chose, c’est que cette solution si simple et si propre à mettre un terme définitif aux nombreuses spéculations qui ont cour autour de l’état d’incapacité d’Ali Bongo ne soit pas agréée par ce dernier.

Qui du président ou de son entourage a une telle crainte de cette expertise et pourquoi ? Tous les efforts déployés autour de sa reprise en main des rennes du pouvoir ne seraient-ils qu’un grossier mensonge d’État ? Si oui, la situation au sommet de l’État ne serait donc rien d’autre qu’un cas flagrant de haute trahison qui est passible des sanctions les plus lourdes pour quiconque en serait convaincu.

La déclaration de vacance du pouvoir est devenue inévitable

De l’avis d’observateurs avertis, en l’absence d’un signal fort de la part de la présidence de la République qui démontre de manière incontestable qu’Ali Bongo Ondimba est bien portant et apte à gouverner, il est inévitable que le Gabon s’achemine vers une déclaration de la vacance du pouvoir. Les manœuvres dans le genre qui ont été le choix de la présidence jusqu’ici ne permettront jamais de tenir jusqu’en 2023 comme les cercles du pouvoir s’obstinent à le croire.

Plusieurs options sont ainsi envisageables dont la plus déterminante serait effectivement une expertise médicale. Cependant, Ali Bongo pourrait également choisir de donner une conférence de presse au cours de laquelle il démontrerait qu’il a bien retrouvé l’ensemble de ses moyens, aller à la rencontre des populations, ou tenir un meeting.

Dans tous les cas, il devra poser des actes qui vont bien au-delà de simples photos ou des vidéos muettes afin de prouver que l’hyperactivité dont il se réclame ces derniers temps est justifiée. Mais, en a-t-il réellement les moyens physiques et intellectuels ? That is the question.

« Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » (Albert Londres).

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