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[France/Mali] Brouillage sur la fréquence Paris-Bamako

Il se dessine comme une guerre de communication qui brouille les pistes au sujet du positionnement de la France par rapport au Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP), la nouvelle force qui a pris le contrôle du Mali. Plusieurs médias français ont récemment publié des informations sur les intentions des militaires maliens qui ont été aussitôt démenties par les concernés. Les journalistes français auraient-ils été manipulés ? La question intrigue à Bamako et pourrait discréditer la presse française dans son traitement de l’information en provenance du Mali.

Après que la France a officiellement « pris acte » de la démission d’Ibrahim Boubacar Keïta à travers une déclaration de Jean-Yves Ledrian et indiqué que des discussions étaient en cours avec les militaires du Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP), les choses semblaient se préciser sur le positionnement de Paris par rapport à la transition qui se met en place au Mali. Cette tendance avait d’ailleurs été confirmée ensuite par Emmanuel Macron dans un Tweet où il indiquait le samedi 22 août que « Pour le Mali, il y a deux choses auxquelles nous veillons : la stabilité et la poursuite de la lutte contre le terrorisme qui est avant tout le fléau des Maliennes, des Maliens, mais aussi de l’ensemble des Sahéliens ».

Le président français semblait ainsi en accord avec le CNSP qui annonçait dans sa déclaration ne pas remettre en cause les accords d’Alger et affirmait vouloir travailler avec la force Barkhane dans la lutte contre le terrorisme au nord Mali. Pourtant, avec les dernières livraisons de plusieurs médias français parmi lesquels RFI, BFM.TV, Le Monde, il semble peu à peu que la fréquence reste brouillée entre Paris et Bamako.

Plusieurs informations, relayées par ces médias français et aussitôt démenties par le CNSP, indiquent en effet une possible reconsidération de la situation par la France. Pourtant, rien ne prête officiellement à y croire. Les travaux entre la délégation de la Cédéao et le CNSP se poursuivent sans encombre. Et tout le monde affiche une sérénité qui porte à croire que tout se déroule de la meilleure façon qui soit.

Qui veut jeter du discrédit sur le CNSP ?

Un article publié aux États-Unis d’Amérique par le Daily Beast, un média en ligne qui a titré le 21 août : « Les dirigeants du coup d’État malien ont saisi le pouvoir après leur retour du camp d’entraînement militaire en Russie ». Une question en sous-titre de cet article, « Qui a donné les ordres ? », suggérait que la Russie avait piloté à distance le coup d’état du Mali.

Il affirmait notamment que « Les deux militaires qui ont mené le coup d’État au Mali ont passé la majeure partie de l’année à s’entraîner en Russie, ils sont retournés en Afrique de l’Ouest quelques jours avant de renverser le président ». Cependant, le Washington post a publié le contraire en titrant : « Les putschistes maliens ont été formés par l’armée américaine ». Cette guerre de communication aurait-elle inquiété Paris ?

Alors que le CNSP n’a jusqu’ici fait aucune déclaration au sujet des décisions prises dans les concertations avec les délégués des la Cédéao, les médias français, citant tous azimuts des membres de la délégations de la Cédéao et d’autres du CNSP sans pour autant donner leurs noms, attribuent aux militaires maliens la volonté de conserver le pouvoir pendant une période d’au moins trois ans. Et, dans la même foulée, on apprend que le vol Paris- Bamako, prévu ce matin de lundi 24 août 2020 aurait été annulé.

La source précisait que les pays de la Cédéao feraient bloc pour refuser à Air-France de faire escale après avoir atterri à Bamako. Est-ce une manière de démontrer que Paris reste dans une optique de fermeté vis-à-vis de Bamako ? Ou est-ce la Cédéao qui cherche à faire comprendre que l’embargo total est entré dans son effectivité ? Personne, pour le moment ne peut y répondre avec certitude.

La concertation entre le CNSP se poursuit normalement

À contre-courant de la campagne médiatique française, des images plus rassurantes circulent par ailleurs sur les réseaux sociaux et sont même relayées par d’autres médias français qui semblent traiter avec plus de sérieux la question malienne, ont montré le chef de de la délégation de la Cédéao disant qu’aucune décision n’a été prise pour le moment.

Sur France 24 par exemple, Goodluck Jhonattan rassurait tout simplement sur l’état de santé d’Ibrahim Boubacar Keïta qu’il disait avoir été rencontré par les membres de sa mission.Sur les réseaux sociaux, les Maliens ont tout de suite crié aux Fake-news. Et le porte-parole du CNSP a dû faire une déclaration pour clarifier cette situation. Comme quoi, la situation au mali n’a fini de surprendre l’opinion. Affaire à suivre…

« Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » (Albert Londres).

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