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L’Afrique doit-elle craindre le rapprochement entre Western Union et Moneygram ?

Selon plusieurs sources à Wall Street, le géant américain du transfert d’argent Western Union serait sur le point de faire une offre publique d’achat pour prendre le contrôle du spécialiste de transfert de fonds Moneygram International.

Conséquence directe de la crise sanitaire liée à la pandémie du covid19, les clients ont déserté les agences physiques pour réaliser leurs transactions en ligne.  Dans ce contexte les « pure player » tirent leur épingle du jeu, et menacent directement l’hégémonie des acteurs traditionnels. Par ailleurs, le « market power » des principaux opérateurs, qui s’appuie sur un fort réseau de distribution aussi bien pour l’envoi que pour la réception des capitaux, n’a pas favorisé les acteurs dominants qui pratiquent habituellement des tarifs plus élevés que les concurrents. La différence de prix peut varier sur une échelle de 1 à 4 pour une même destination d’un opérateur à un autre.

Avec le confinement dû à la crise sanitaire du coronavirus, le réseau d’agence est devenu est un poids pour les majors américaines qui doivent en plus faire face à des risques de dégradation de leurs établissements en marge des manifestations de protestation après la mort de George Floyd tué par la police.

Rapprochement des leaders du marché

Avec plus 500 000 points de vente, couvrant plus de 200 pays pour le leader du marché WU et plus de 350 000 agences pour son concurrent texans, le rapprochement des leaders du marché des transferts d’argent devrait permettre des économies d’échelles ainsi qu’une mise en commun des moyens en recherche et développement pour rattraper leur retard sur les « fintech» au niveau des nouvelles technologies tel que le paiement mobile, la blockchain, etc. Une analyse par ailleurs partagée par les marchés financiers qui accueillent chaleureusement la nouvelle. L’action Western Union Compagny, a progressé de 11,20% sur la séance du 2 juin pour atteindre les 23$ alors que le titre Moneygram s’envole de plus de 30% pour s’adjuger à 3,37$ à la bourse de New York.

Quelles conséquences pour l’Afrique ?

Cependant, les Africains ne voient pas forcément d’un bon œil ce risque de concentration. En effet le marché mondial du transfert d’argent entre particuliers représente près 700 milliards $ par an, dont près de 550 milliards $ envoyés à des bénéficiaires dans les pays en voie de développement. Selon un rapport de la banque mondiale, « les envois de fonds sont en passe de devenir la principale source de financement extérieur des pays en voie de développement». Des familles entières, des zones rurales dépendent du soutien financier des diasporas pour survivre. Toutefois, on note des disparités très marquées sur le coût des transferts d’argents en fonction des pays de destination. L’intensité concurrentielle se trouve être également pointée du doigt par les associations de consommateurs comme étant l’un des principaux facteurs explicatifs.De plus, les grilles tarifaires des géants du secteur pénalisent les petits envois et pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat des bénéficiaires les plus modestes en rognant le montant à recevoir.

Le consommateur américain n’étant pas directement impacté par les risques d’abus de position dominante inhérent à une telle opération. Le contexte de guerre commerciale avec la Chine aidant, le rejet de l’opération par le gendarme américain de la bourse, la fameuse SEC (Securities and Exchange Commission) ne semble pas envisagé par les opérateurs de marché.

Écrit par

Diplômé d'Economie et Gestion d'Entreprise à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et d'un Master Banque et Finance de l'Université de Caen Basse-Normandie, Igor NTUMBA a fait la majeure partie de sa carrière dans le secteur bancaire au sein des plus grands groupes français. Il a été successivement Gestionnaire de Patrimoine, chargé d'Affaires Entreprises puis Consultant en stratégie d'investissement des entreprises. Expert en analyse des chiffres et gestionnaire rigoureux il s'est spécialisé dans l'e-réputation des personnes et des entreprises et plus précisément dans le sous secteur Audit et Veille. Il est actuellement Directeur Exécutif de Solid Reputation et dirige le département Audit § Veille

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