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In Memoriam Aboubakar Fofana

Il y a deux ans dans le quartier du Breil à Nantes, un jeune homme de 22 ans, Aboubakar Fofana perdait la vie lors d’un contrôle de police.

Depuis lors, la peine et la colère sourde sont encore palpables en toutes et en tous. Le jour même, plusieurs personnes craignaient que des échauffourées éclatent dans le quartier. Un peu plus tard, en fin d’après-midi, des jeunes filles du collectif Black Lives Matter faisaient circuler des morceaux de carton sur lesquelles des résidents du quartier du Breil pouvaient inscrire ce que la mémoire d’Aboubakar leur évoque.

Pour ce soir, cette initiative jouera le rôle de cellule psychologique d’appoint pour plusieurs habitants venus à leur rencontre, afin de les féliciter et de les remercier de ce que, le temps d’une déambulation, elles rendaient visible ce que tous semblaient avoir oublié.

Le traumatisme encore présent n’a trouvé, pour l’instant, aucune forme de réparation sur le plan de la justice. Ce n’est qu’à la faveur du mouvement contestataire, inspiré par les États-Unis, que le CRS mis en cause dans la mort d’Aboubakar Fofana sera enfin présenté à la justice.

En ce jour commémorant l’indépendance des États-Unis, une triste comparaison avec le cas d’impunité observée peu après l’assassinat d’Ahmaud Arbery en Géorgie s’impose. Comme le dit le collectif Black lives Matter de Nantes : « sans justice pas de Paix ».

Ceci est tout particulièrement vrai dans une ville se targuant de l’immense travail de reconnaissance du crime de l’esclavage colonial. Dans le cadre du travail de mémoire pris en charge par les citoyens eux même, une marche sera organisée pour que cesse l’invisibilité sur l’affaire Aboubakar Fofana.

Cette année, le premier conseil municipal de la période post-électorale se tenait alors que, dans le quartier, certains se commémorent les conditions de la mort d’un habitant.

Comme un peu partout en France, les luttes de reconnaissance pour la vérité et la justice se font jour, alors que les élections suscitent à Nantes un rejet cristallisé par un taux d’abstention record de 75 % lors des dernières municipales.

Dès-lors, il devient très commode de décider, pour ceux qui ne sont pas représentés, la manière dont ils sont gouvernés. Lorsque les aspirations des populations ne trouvent pas de représentation dans les choix politiques des gouvernements, la démocratie est en panne et la révolte gronde.

En attendant le vote des bêtes sauvages …(le titre d’un roman d’Ahmadou Kourouma). Il semble que ce soit le jeu auquel se livre le pouvoir politique quelle que soit l’échelle à laquelle il s’exerce.

Écrit par

Poète, activiste, éducateur spécialisé dans les situations interculturelles est un homme de lettres et de culture. Précurseur de la Poésie Slam au Gabon et en Afrique francophone, il a fondé en 2010 le premier Centre Culturel Africain de France, le Mbandja (Nantes). Auteur engagé, il contribue régulièrement à des articles et parutions littéraires traitant du Patrimonicide et des Réparations du préjudice causé par l'esclavage et la colonisation

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