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Le drapeau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) soufflant dans un vent isolé. Agence des Nations unies chargée de la santé publique internationale. Illustration en rendu 3D du symbole du signe ondulant. @tampatra via Twenty20

Opinions

[COVID-19] L’OMS : QUELLES RESPONSABILITÉS ?

L’heure des comptes n’est peut-être pas arrivée, mais cela ne nous interdit pas de nous interroger sur la gestion de cette pandémie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

S’il nous sera difficile d’obtenir des réponses en provenance de Pékin, l’OMS quant à elle, a l’obligation de faire preuve de transparence. Le médecin du monde, ne pourra échapper à son examen de conscience. Silence coupable et sourde oreille devant les alertes envoyées dès le mois de décembre 2019 par les autorités Taïwanaises. Communiqué désinvolte, le 14 janvier 2020 stipulant que « les enquêtes préliminaires conduites en Chine n’ont pour l’instant pas apporté la preuve d’une transmission interhumaine du nouveau coronavirus », ainsi que ses nombreuses hésitations à lancer une alerte sanitaire mondiale auront réussi à raviver les souvenirs de ses autres échecs. Déjà, en 2009, au moment de la pandémie du H1N1, elle enclencha précocement son mécanisme d’urgence sanitaire, semant ainsi une panique mondiale. En 2014 elle tarda à enclencher ce même mécanisme lorsque la première épidémie de maladie à virus Ebola est déclarée.

Comme jamais auparavant, l’attitude du gendarme mondiale de la santé, n’aura été autant contestée. La première salve est venue des États-Unis ; pour le président Trump « l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a commis des “erreurs” dans sa gestion de la pandémie de coronavirus », tout en annonçant dans la foulée, la suspension du versement des quelques 500 millions de dollars de redevance américaine. Jean-Yves Le Drian, le Ministre des Affaires étrangères français, a lui aussi pointé du doigt, le fonctionnement de l’organisation en mettant en avant le fait qu’elle avait eu des “manques” dans sa gestion de la crise du coronavirus, appelant à un nouveau “multilatéralisme de la santé”. La presse internationale n’est pas en reste. Dans un de ses articles sur la gestion de la crise, le Washington Post explique que “les nombreuses hésitations de l’organisation, aurait privé les hôpitaux d’un temps précieux pour se préparer à l’afflux de patients“.

LA Maison Blanche / @pavonne via Twenty20

Le pire  serait à venir 

En Afrique, principale bénéficiaire des ressources de l’organisation, les critiques pointent pour l’instant vers les chiffres de ses projections qui, à ce jour, se sont avérées inexactes. Comme beaucoup d’experts basés en Europe, l’OMS annonçait une hécatombe sur le continent, elle qui était si silencieuse face à Beijing, recouvrait soudainement de la voix : « Le meilleur conseil à donner à l’Afrique est de se préparer au pire et de se préparer dès aujourd’hui », déclarait le 19 mars 2020 le directeur général de l’OMS, l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le 7 mai dernier, une nouvelle étude du Bureau Afrique de l’OMS a annoncé cette fois, entre 83 000 à 190 000 le nombre de personnes qui pourraient mourir du Covid-19 et de 29 à 44 millions qui pourraient être infectées en Afrique au cours de la première année de la pandémie si les mesures de confinement venaient à échouer. Cette étude va encore plus loin, car elle projette 3,6 à 5,5 millions d’hospitalisations du Covid-19, dont 82 000 à 167 000 seraient des cas graves nécessitant de l’oxygène et 52 000 à 107 000 des cas critiques nécessitant une assistance respiratoire. Un nombre aussi important de patients hospitalisés mettrait donc à rude épreuve les capacités sanitaires des pays. A en croire ces chiffres, le chaos est à nos portes.

Pourtant, plus de 4 mois après le début de l’épidémie, et malgré les chiffres de l’OMS le nombre de décès est plus faible en Afrique que dans les pays européens ou en Amérique : 2391 morts, alors qu’en Amérique on recensait 80 000 morts et 138 543 en Europe. Le nombre de personnes mortes du covid-19 en Afrique est en dessous de 3000. La propagation de la maladie y est plus lente que prévue. Bien que le continent ne procède pas à des tests massifs, plusieurs indicateurs tendent à confirmer que la jeunesse de sa population et le climat chaud, participent à ralentir le virus. Certains de ceux qui prédisaient le pire, ont fini par admettre que l’Afrique était peut-être, le continent le mieux préparé à vivre une pandémie de cette envergure. Elle qui, depuis des années, n’a pas été épargnée par le virus du Sida, l’Ebola et l’épidémie de Paludisme qui fait environ 500 000 morts par an et dont les recommandations de l’OMS contre les traitements à base de plantes ont participé à promouvoir les ACT (combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine).

Vers une reconnaissance des traitements africains à base de plante

Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est désormais très mal vue par certaines populations en Afrique, c’est en grande partie dû à ses déclarations et prises de positions contres les traitements à base de plantes, dont le fameux épisode « OMS vs Artemisia Annua et Afra ». Car comment expliquer que d’une part, elle ait créé un chapitre sur la médecine chinoise dans la dernière Classification internationale des maladies(CIP-11), document de référence actualisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui fournit un langage commun grâce auquel les professionnels de la santé peuvent échanger des informations sanitaires partout dans le monde, et d’autre part, qu’elle refuse catégoriquement de reconnaître l’efficacité de l’Artemisia Annua et la fiabilité de toutes les études financées par l’ONG française la Maison de l’Artemisia et dirigé par le Docteur Jérome Munyangi. Bien que dans un récent communiqué elle a résumé sa position concernant l’utilisation des plantes médicinales dans la lutte contre le coronavirus en indiquant ce qui suit :

« L’OMS soutient une médecine traditionnelle reposant sur des éléments scientifiques probants. La médecine traditionnelle, complémentaire et alternative recèle de nombreux bienfaits. », Elle a également annoncé que l’Afrique a une longue histoire dans ce domaine et que les tradipraticiens de santé “jouent un rôle important dans les soins aux populations ».

Communiqué du 4 mai 2020 du bureau Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)

En outre, l’organisation y a énoncé que l’Artemisia fait partie des plantes considérées comme traitement possible au Covid-19. Elle a d’ailleurs affirmé accueillir favorablement les innovations dans le monde pour chercher un traitement potentiel du coronavirus en soulignant le recyclage des produits issus de la pharmacopée traditionnelle. Toutefois, elle a aussi précisé la nécessité d’une rigueur scientifique dans les démarches engagées. Cela veut dire qu’il est primordial de faire des essais cliniques rigoureux avant d’établir leur efficacité et leur innocuité.

Des solutions africaines à prendre en compte.

Visoncoférence entre les chefs d’Étas de l’Union Africaine

Ce changement de cap est peut-être dû aux nouvelles réalités sur le terrain. Plusieurs pays d’Afrique n’ont pas hésité à traiter leurs malades à base d’Hydroxychloroquine et d’Azithromycine protocole promu par le Professeur Raoult de l’IHU (Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses) de Marseille, et que tout africain a déjà avalé au moins une fois pour guérir du paludisme. Et ce, malgré les avertissements de l’agence onusienne. Des initiatives en provenance du continent comme le Covid-Organics essentiellement à base d’Artemisia, fabriqué par l’Institut malgache de recherches appliquées (IMRA), dont les tests ont démarré dans plusieurs pays ou d’autres comme la production en masse de gels hydroalcooliques par des étudiants au Togo, Nigéria et Burkina, de ventilateurs et autres systèmes de désinfections par des ingénieurs du Cameroun, Ghana, RDC, et Kenya. La production de masques par des jeunes au Gabon et des femmes en Côte-d’Ivoire ou encore par les nombreuses vidéos de sensibilisations produites par les influenceurs africains sur les réseaux sociaux.

Masque de fabrication africaine

La crise du Covid-19 montre chaque jour une autre Afrique. Celle qui ne se résigne pas, n’abandonne pas, croit en ses médecins et chercheurs. Celle qui n’est pas défaitiste ou encore fataliste. Celle qui ne se laissera plus traiter en laboratoire de toutes les expérimentations. En tenant compte de cette nouvelle réalité, l’OMS doit obligatoirement reconnaître, qu’elle n’a plus face à elle des gens sans expérience. Elle devra obligatoirement reconnaître ses lenteurs, ses erreurs, et surtout ses remises en doute quasi automatiques des solutions en provenance d’Afrique. Elle aura aussi la douloureuse tâche d’expliquer au monde, la raison pour laquelle, elle a été si réticente à déclarer l’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Au moment où de nombreuses voix critiquent son action, et que plusieurs pétitions en ligne appellent à la démission de son directeur général ou à sa dissolution, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devra faire la lumière sur l’origine de cette maladie. Et même si elle n’a pas vraiment de pouvoir coercitif, il faudra nécessairement qu’elle se renouvelle. Ce malgré le fait qu’aucun des États membres n’a intérêt qu’elle ait un véritable pouvoir de sanction, car la santé est une question éminemment politique et une prérogative nationale. Un examen de conscience de l’OMS s’impose comme une impérieuse nécessité, et cette dernière devra se faire sur la place publique.

Écrit par

Est un consultant en sécurité informatique et en développement des nouveaux médias. Membre du Board du Think Tank le "CRSG "(Cercle de Réflexion Stratégique du Gabon) qui milite pour les droits de l'homme, la démocratie, la liberté d'expression, l'environnement, et pour des élections libres et équitables en Afrique.

2 Commentaires

2 Comments

  1. Parfait NESAM N'GADY

    12 mai 2020 at 10 h 46 min

    Article très pertinent avec une rigueur sur la démarche. Félicitations M. NKEBASSANI Jamel et bonne continuation.

    • Carlos Ngaouladjimti

      14 mai 2020 at 9 h 32 min

      OMS : Même les djihadistes n’ont pas causé autant de morts dans le monde.
      Cet article est rempli de clairvoyance et de lucidité. L’Afrique a besoin des hommes de votre espèce pour dénoncer toutes ces dérives. Félicitation!

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