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Vérification d'une mauvaise exploitation du bois
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Environnement

GABON/ENVIRONNEMENT : LES FORESTIERS SOUS PRESSION

Les populations rurales notamment celles autour des concessions forestières se lancent vers des démarches judiciaires contre les forestiers véreux. Dans la province de la Ngounié, des collectifs de villageois se forment pour faire valoir leurs droits aux dividendes issues de l’exploitation du bois

Constatant la violation de l’article 251 de la loi n°016/2001 du 31 décembre 2001 portant Code forestier au Gabon obligeant les opérateurs économiques du secteur forestier à honorer leurs charges sociales vis-à-vis des communautés villageoises, les populations rurales sortent de leur mutisme en donnant des insomnies aux exploitants forestiers. L’article 146 de la loi n°007/2014 du 1er aout 2014 relative à la protection de l’environnement en République Gabonaise autorise les communautés locales à porter plainte lorsque leurs droits sont violés.

« Beaucoup de forestiers nous ont trompés » dénonce Guy Roger au village Minganga près de Ndendé.

Signature d’une pétition contre les forestiers illégaux

En interprétant ces dispositions, les communautés proches des villages Mouyamba près de Lébamba et celles de Tsangui-Minganga près de la commune de Ndendé ont décidé de hausser le ton afin d’obtenir les retombées de l’exploitation. À Mouyamba, par exemple, le collectif des habitants a entamé une procédure contre le forestier Sunly Gabon à travers son partenaire Tali Bois ayant exploité la zone forestière durant environ 4 ans au mépris du cahier de charges contractuelles à élaborer. Le préfet de la Louétsi-Wano, Euloge Parfait Mombo Moukaga ne cesse d’appeler à un compromis entre toutes les parties. Le profit avec Tali Bois est remis en question : le groupe électrogène semble être d’occasion. Il ne sert pas pour l’instant. Le même forestier avait donné aux populations une enveloppe de 400000 frs cfa. « C’est un geste encourageant, certes, mais il ne repose sur aucune loi » fustige le président de Muyissi Environnement, Ladislas Ndembet.

Les populations villageoises ont alors soumis leurs préoccupations à l’ONG Muyissi Environnement qui sillonne le sud du Gabon afin de décourager les forestiers illégaux, laquelle s’est également engagée aux côtés de l’ONG Internationale Conservation Justice à favoriser la mise en place des cahiers de charges contractuelles entre les opérateurs forestiers et les communautés locales, entre autres. « Le manque de respect de la loi forestière face aux villageois nous a motivés à porter plainte contre Tali Bois » souligne Jean Claude Madoungou, le porte-parole du collectif de Mouyamba.

Les ONG constituant des réseaux d’observation indépendante en forêt

Les cahiers de charges, lorsqu’ils existent, ne sont pas toujours mis en application, sinon le respect de ceux-ci est relatif. Les concessionnaires forestiers savent que cela apportera des améliorations dans le quotidien des habitants et c’est aussi un levier de développement local. « Le changement va commencer quand chacun de nous respectera la loi » martèle le président de Muyissi Environnement, Ladislas Ndembet. Sur le terrain, les exploitants forestiers qui répondent à la loi, ne sont pas nombreux. Ce tableau peu reluisant se peint avec la bénédiction de certains administrateurs.

Dans un passé récent, la société Sun Harvest Ventures (SHV) installée dans les villages Tsangui-Minganga, avait trouvé un terrain d’entente avec les communautés. Mais pour l’ONG Muyissi Environnement, il faut formaliser cet accord à l’avantage des populations qui ont reçu 13.000.000 frs cfa. Une cagnotte mal gérée par les habitants de ce regroupement de villages situé sur l’axe Ndendé/Tchibanga. François de Paul Ngoma, l’un des responsables de SHV se dit ouvert à cette démarche puisque les populations avaient même saisi la préfecture de la Dola pour se plaindre. Les communautés rurales mettent la pression sur les forestiers, elles ont l’avantage que la direction provinciale des Eaux et forêts de la Ngounié tient à la mise en place des cahiers de charges contractuelles, comme l’indique l’arrêté n°105 du 6 mai 2014 fixant le modèle de cahier de charges en République gabonaise

Dans l’objectif de réaliser le projet d’Appui à la lutte contre l’exploitation forestière illégale (ALEFI) par les ONG vertes, Muyissi Environnement qui bénéficie de l’apport multiforme de Conservation Justice, effectue des missions mensuelles de 10 jours pour maintenir la pression sur les forestiers. Gageons que la justice lui donne raison.

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