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Covid-19 : Annulation de dettes : L’Afrique sous respirateur chinois ?

Le président chinois a annoncé mercredi dernier, l’annulation des prêts sans intérêts de certains pays africains qui ploient sous le poids de la pandémie de la Covid-19. L’objectif est de leur permettre de mieux faire face à la crise économique qui déjoue toutes prévisions et bouleverse les plans de développement.

La Chine la présente comme une bouffée d’oxygène apportée aux pays africains. Face aux affres de la pandémie, la lutte contre la propagation et la prise en charge des cas positifs absorbent les maigres moyens et rongent les fonds publics. Au bord de l’étouffement, des pays africains ont fait appel aux pays donateurs ainsi qu’aux institutions internationales pour une action urgente. On se rappelle qu’à Pâque, le pape François aussi avait plaidé pour l’annulation des dettes des pays pauvres. Une centaine de pays ont sollicité l’aide d’urgence du Fonds Monétaire Internationale qui a réagi positivement dans la foulée. Au rang des 25 pays parmi les plus pauvres du monde qui ont bénéficié de cette aide, figuraient 19 pays africains. Estimée à 365 milliards de dollars, dont 145 milliards dus à la Chine, la dette était déjà au-delà « des records historiques » selon la Banque Mondiale en 2018. Après le FMI, il fallait donc lorgner du côté de la Chine. Un Sommet Chine-Afrique sur la Covid-19, a donc été initié conjointement par la Chine, l’Union Africaine, et le Forum sur la Coopération sino-africaine. Elle a connu, faut-il le rappeler, la participation des dirigeants africains, du Secrétaire Général de l’ONU et du Directeur Général de l’OMS. Au terme des échanges, on retient l’annulation des prêts sans intérêts arrivant à échéance en 2020 pour les pays africains. Mieux, « la Chine encourage ses institutions financières concernées à mener des discussions amicales avec les pays africains sur les arrangements concernant les prêts commerciaux avec une garantie souveraine… » Xi Jinping a également rassuré les pays africains du soutien de la Chine en termes de fourniture de matériels et d’experts.

Guérir le mal

Cependant les analystes considèrent qu’il en faudrait bien plus pour aider l’Afrique à mieux faire face à la pandémie. Ses conséquences sont déjà désastreuses sur l’économie des pays et leur développement, et elles pourraient être encore pires en 2021. Selon la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva, « la croissance mondiale va devenir fortement négative en 2020 et 2021 pourrait s’avérer “pire” si la pandémie devait durer » Le moratoire de six mois dont bénéficient entre autres des pays africains de la part du G20, n’est sans doute pas la solution. Il faut aller plus loin. Envisager l’annulation pure et simple des dettes publiques permettrait de mieux gérer la situation, et même aiderait à soutenir ou relancer l’économie des pays africains. Et cet appel, Xi Jinping l’a aussi lancé à l’endroit de la communauté internationale en faveur de l’Afrique invitant ainsi les pays développés et les institutions financières multilatérales, à la suspension de la dette africaine.

Annulation ou échange ?

Alors que l’Afrique entend saisir la main tendue pour faire face aux affres de la pandémie et maintenir la progression de son économie, le Wall Street Journal (WSJ) dans son édition d’avril 2020, citant des sources Mozambicaines, parle de conditions exigées par le géant asiatique. Selon cette source du journal américain, Pékin aurait exigé une prise de contrôle des infrastructures portuaires, aéroportuaires ou ferroviaires, contre l’annulation totale des dettes africaines. Le poids des créances serait à équilibrer avec un poids équivalent de cessions. Comme ce fut déjà le cas avec le chemin de fer reliant l’Ethiopie à Djibouti, des ports de Maputo et de Mombassa, ou encore l’autoroute de 535 kilomètres que le Congo Brazzaville a dû céder en contrepartie de sa lourde dette devenue trop pesante. Face aux nombreux dégâts causés par cette crise sanitaire mondiale, l’Afrique reste exposée auprès de ses créanciers tant asiatiques qu’occidentaux.  Elle craint à juste titre de subir les lois des fonds spéculatifs et celle des fonds vautours, qui n’hésiteront pas à profiter de cette crise pour dégrader les notes souveraines des états et recouvrir à des créances sans tenir compte des effets néfastes de la Covid-19.

journaliste chargé des questions politiques

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