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[Gabon] Rentrée des classes expresse ce lundi 20 juillet : guerre de tranchées entre le gouvernement et la Conasysed

C’est le bilan à mi-parcours du mot d’ordre de boycott lancé par la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation nationale (Conasysed) qui en tire une satisfaction. Elle remercie les enseignants et les parents d’élèves qui ont bien voulu respecter ce mouvement et refusé d’être complice de la mascarade orchestrée par le ministère en charge de l’Education nationale.

Après avoir fait le tour des établissements de Libreville et sur la base des rapports des représentants des syndicalistes de l’éducation nationale à l’intérieur du pays, il ressort que certains établissements ont respecté les recommandations de la Conasysed, comme le démontre le bilan non exhaustif de la situation de boycott de la première journée de cette rentrée de classe express.

Pas de cours au lycée d’excellence et au lycée Technique Agathe Obendze de Franceville dans la province du Haut-Ogooué, en passant par le  lycée Alexandre Sambat dans l’Ogooué-Ivindo ; les  lycées Richard Nguéma Békalé et de l’Excellence dans le  Woleu-Ntem ; le lycée Technique Jean fidèle Otando, Bac Aviation, et l’Ecole Nationale de Commerce de Port-Gentil dans l’Ogooué-Maritime ;  les  lycées  Jean Stanislas Migolet de Koula-Moutou et Arsène Bounguendza de Lastourville  dans la province de l’Ogooué-Lolo.

 Perturbations des cours au lycée Mikolongo, Diba Diba, Lycée Technique National Omar Bongo (le ministre de l’éducation nationale y était même en visite), Bikélé, Paul Indjendjet Gondjout, Paul Emane Eyéghé dans l’Estuaire, au lycée Moudjiekou de Lambaréné dans le Moyen-Ogooué. 

Désert total aux Lycées Général Nazaire Boulingui et Alexandre Bianguet dans la Nyanga et enfin pas de cours au lycée de Fougamou dans la Ngounié.

Au regard de ce bilan positif à mi-parcours, la Conasysed encourage les enseignants qui ont respecté le mot d’ordre de boycott et recommande la reprise des cours « qu’à condition du paiement intégral des vacations, l’octroi de l’indemnité Covid-19 aux enseignants qui reprendront les cours, à l’organisation pratique de l’EPS, à la signature du protocole d’accord avec la tutelle ».

Le gouvernement rattrapé par ses propres mensonges.

Incapable de respecter ses propres engagements, le gouvernement d’Ali Bongo Ondimba brille par des effets d’annonces et des multiples promesses non tenues, vient une fois de plus d’essuyer un échec cuisant face à la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation (Conasysed). Une intersyndicalemembrede Dynamique Unitaire qui bénéficie du soutien d’autres syndicats du monde de l’Education dont le Sena, le Snapec et l’Osmogen.  

Comme à son habitude, le gouvernement n’a pas pu honorer sa de payer aux enseignants de leurs primes de vacation, dues aux différents examens organisés dans l’enseignement technique et professionnel le 18 ou le 19 juillet dernier une promesse de Patrick Mouguiama Daouda, le Ministre en charge de l’Education Nationale.

Le 10 juillet dernier, une délégation de la Conasysed conduite par son Délégué général, Louis Patrick Mombo, s’était entretenue avec le ministre Patrick Mouguiama Daouda. Ils ont passé en revue les points posés par les partenaires sociaux. Notamment la nécessité de maîtriser la pandémie Covid-19 avant toute reprise des cours, l’administration d’un remède à titre préventif et curatif, le suivi du respect de toutes les mesures barrières par les populations, l’organisation des examens du CEP et du BEPC y compris les examens de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, le paiement intégral des vacations 2018 et 2019 ainsi que l’octroi de la prime Covid-19 aux enseignants qui seront exposés aux risques de contamination de la maladie.

 La Conasysed avait exigé de la tutelle, la satisfaction des points relatifs à la régularisation de toutes les situations administratives des enseignants (recrutements, intégrations, titularisations, avancements automatiques, mise en stage et reclassements après stage), ainsi que le paiement des rappels soldes et l’organisation des concours internes et externes de l’école normale des instituteurs (ENI) et à l’école normale supérieure (ENS).

En réponse, le ministre avait relevé le choix du gouvernement d’annuler les examens qui ne permettent pas aux apprenants de changer de cycle. En l’occurrence, le CEP et le BEPC. Ce qui n’était pas le cas du Baccalauréat qui est un examen indispensable en ce sens qu’il conditionne le passage des élèves dans les universités et grandes écoles.  

Le ministre avait outre indiqué qu’en ce qui concerne les épreuves sportives du baccalauréat, elles auront lieu, mais seulement à l’écrit et que les candidats ne devront pas avoir une note en deçà de 10 de moyenne.  Le ministre s’était aussi engagé en plus à soumettre au Chef du gouvernement la préoccupation relative à la prime spéciale covid-19, de faire prendre un décret ministériel corrigeant les nominations du 30 septembre 2019 et de vulgariser le travail qui se fait en lien avec la régularisation des situations administratives.

Reprise de cours deux poids, deux mesures

Les 40.000 élèves inscrits en classe de terminale devaient tous reprendre les cours ce lundi 20 juillet 2020. Malheureusement la reprise express des cours annoncée en grande pompes dans les médias d’état par le gouvernement à tout de suite viré au fiasco.

La catastrophe était pourtant prévisible, mais le ministre de l’Education Nationale, Patrick Mouguiama Daouda a cru bon de se murer dans une attitude de fin de non-recevoir face aux exigences des partenaires sociaux. Et Pourtant la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed) n’a cessé d’attirer l’attention du gouvernement, sur la mise en place des dispositifs de sécurité devant chaque établissement, pouvant accueillir les élèves (gels hydro-alcooliques, masques, cuves pour le levage des mains, mouchoirs jetables…)  avant d’annoncer une reprise des classes, le lundi 20 juillet dernier

 Si l’on a pu constater un semblant de dispositif aléatoire de sécurité sanitaire qui inclus la distribution des masques, l’installation des cuves d’eau pour le lavage régulier des mains déployés à l’entrée de chaque établissement scolaire au niveau de Libreville, d’Owendo et d’Akanda, à l’intérieur du pays c’était tout le contraire.

Le constat fait sur le terrain était plus qu’alarmant, aucun respect des normes, aucun marquage au sol indiquant la distanciation sociale, aucune formation des enseignants et du personnel administratif sur le respect des mesures barrières, pas d’affiches de sensibilisation sur les mesures de protection contre le covid-19 etc.

Pire, la plupart de ces établissements ne sont pas alimentés en eau potable.  Les toilettes sont obsolètes, en plus de l’absence des surveillants pour faire appliquer aux élèves le respect des mesures de distanciation sociale, aucun équipement de sécurité devant ou à l’intérieur des établissements, en dehors de quelques bidons d’eau et des morceaux de savon parfois achetés sur fonds propre par les responsables d’établissements.

« Nous sommes totalement délaissés, les responsables d’académie provinciale et même les responsables politiques ne nous viennent pas en aide pour équiper les établissements des dispositifs de sécurité visant à faire face à la pandémie.  La conséquence est que nous mettons du fait de ces négligences, la vie de nos enfants en danger » nous a confié un responsable d’établissement sous l’anonymat.

Le constat est le même avec les transports en commun qui ont été gracieusement mis à la disposition des seuls élèves de Libreville pour leur permettre de rallier facilement leurs établissements, cependant ce dispositif n’est pas valable actuellement dans les faits à l’intérieur du pays.

En somme, comme l’a si bien dit Marcel Libama dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux « la rentrée des classe express est un moyen idéal pour le gouvernement de favoriser sans nul doute la propagation du coronavirus. C’est une situation qui devrait être revue par les autorités compétentes et le Copil, afin de protéger comme promis, le corps enseignant et les élèves ».

La conasysed qualifie cette façon d’agir de crime contre l’humanité, pour elle, il serait hors de question de transiger avec les règles de santé. Elle trouve inadmissible que les autorités du ministère de l’éducation nationale puissent autoriser dans les établissements qui ne respectent aucune norme, la présence à la fois du personnel administratif, du personnel enseignant et des apprenants.   

Accès interdits à la presse pour constater l’existence des mesures barrières et le suivi du mot d’ordre de boycott dans les établissements

Sur injonction du conseiller en communication du ministre de l’Education nationale en violation des textes législatifs, les chefs d’établissements scolaires ont été sommés de ne pas communiquer autour de la reprise des cours et du respect des mesures barrières sans l’aval de celui-ci. 

En effet, les journalistes affectés pour constater l’effectivité de la reprise des cours et surtout de la fonctionnalité du protocole sanitaire mis en place par le ministère de l’Education nationale, auraient eu droit à une fin de non–recevoir de la part du proviseur du Lycée National Léon Mba au motif que, les responsables d’établissements avaient reçu une injonction du Conseiller en communication du ministre Patrick Mouguiama Daouda de ne pas communiquer sur cette actualité.

 Une attitude fustigée par le délégué général de la Convention nationale des Syndicats de l’éducation nationale (Conasysed) Louis Patrick Mombo qui a jugé « déplorable » l’attitude non seulement de ce conseiller mais aussi du proviseur. « Qu’est ce que le proviseur du Lycée national Léon Mba a à cacher à la presse, parce que c’est une question de transparence », s’est-il interrogé. « Si le ministère n’autorise pas la presse à accéder aux établissements, c’est parce qu’il y aurait quelque chose à cacher soit le mot d’ordre lancé par la Conasysed a été respecté soit le protocole sanitaire mis en place par le gouvernement est inefficace »  a-t-il ajouté. 

Par ailleurs, l’assujettissement de ces responsables d’établissements serait entretenu par le fait que la majorité d’entre eux occuperaient des postes sans décret de nomination, donc exerçant dans l’illégalité et l’illégitimité en violation flagrante de l’article 20 de la constitution de la République Gabonaise et de l’article 63 du décret N°12/91 portant statut général des fonctionnaires. « Certainement on leur a dit si vous parlez vous risquez de perdre vos privilèges parce que juridiquement, leurs postes n’existent pas. Ce n’est pas un conseiller en communication du ministre qui peut donner un ordre à un chef d’établissement »,  a renchérit  Louis Patrick Mombo. 

Le gouvernement supprime les examens du CEP et du BEPC 

La volonté gouvernementale est de supprimer certains examens dans le système éducatif gabonais dont le certificat d’études primaire (CEP) et le brevet d’études du premier cycle (BEPC) pour réduire le coût des vacations. Si de manière officielle la raison évoquée par le patron du département de l’Education nationale, Patrick Mouguiama Daouda sur le choix d’annuler ces deux examens est le fait qu’ils ne permettent pas aux élèves de changer de cycle, la véritable raison se trouve ailleurs.

 En réalité, l’enveloppe budgétaire allouée pour l’organisation de l’ensemble des examens pour l’année 2020 est chiffrée à 21 milliards de francs cfa. En annulant les examens du CEP et du BEPC, la tutelle réalise un gain de 10 milliards de francs d’économies qu’ils voudraient se partager entre eux.

 C’est l’une des raisons pour lesquelles, ils veulent organiser à tout prix les examens du baccalauréat. Or accepter d’organiser les examens du baccalauréat maintenant ne permettra pas aux partenaires sociaux d’exercer une pression sur le gouvernement, afin de lui faire payer les vacations antérieures, d’organiser les concours de l’ENI et de l’ENS ou de solutionner les différentes revendications qui concernent les carrières des enseignants. 

On peut déplorer que certains enseignants se rendent dans les salles de classe pour faire plaisir au gouvernement. Ils devraient comprendre que l’argent dont ils ont besoin est disponible. Le gouvernement ne pourra plus nier qu’il n’y a pas d’argent. Il leur revient d’être sérieux et de mettre la pression afin qu’ils obtiennent ce qui leur revient de droit. En effet, avec une enveloppe de 10 milliards, le gouvernement pourra payer toutes les vacations et même financer la prime Covid-19.

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