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Réédition du film « Afrique noire » de Max-Pol Fouchet : un regard bienveillant et admiratif sur l’Afrique

Le documentaire « Afrique Noire », réalisé en 1966 par Max-Pol Fouchet, reporter-écrivain qui voua sa vie à valoriser les cultures du monde auprès du grand public, ressort en DVD, chez le label Frémeaux & Associés. Un film-document exceptionnel, qui fait comprendre l’Afrique au quotidien, et valorise ses peuples et cultures comme nulle autre oeuvre ne le fit jamais.

Le documentaire « Afrique Noire », réalisé en 1966 par Max-Pol Fouchet, reporter-écrivain qui voua sa vie à valoriser les cultures du monde auprès du grand public, ressort en DVD, chez le label Frémeaux & Associés. Un film-document exceptionnel, qui fait comprendre l’Afrique au quotidien, et valorise ses peuples et cultures comme nulle autre oeuvre ne le fit jamais. Voilà un DVD qui devrait être acheté par toutes les écoles de France, d’Afrique – et du monde ! –  pour faire comprendre ce qu’est vraiment l’Afrique, et valoriser ses peuples et ses cultures aux yeux du monde entier !Max-Pol Fouchet (1913-1980) était un écrivain, reporter et poète, très célèbre en France de son vivant. Il avait passé sa jeunesse à Alger, où il avait fondé en 1939 la revue Fontaine (1938-1947), qui réunissait des écrivains engagés contre le régime de Vichy.Rentré en France, il devint aussi un homme de médias, qui voulait apporter un contenu culturel de haut vol au large public (le quotidien Le Monde le qualifiait de « vulgarisateur de haut vol »). C’est en ce sens qu’il avait créé les célèbres émissions « Lectures pour tous » et « Terre des Arts ».Dans cette dernière émission, diffusée par l’ORTF de 1964 à 1974, notre reporter présentait des documentaires qui faisaient comprendre les civilisations du monde entier, des temples Mayas aux danses et rituels de l’Inde, en passant par l’art de la Grèce antique.C’est dans ce cadre que fut réalisé et diffusé le film « Afrique Noire » : sur des images en noir et blanc, la voix de Max-Pol Fouchet nous raconte, avec une bienveillance et une admiration qui s’exprime en mots et en images, l’Afrique de 1966. Une Afrique qui n’était pas encore tombée dans la misère dans laquelle bien des régions sont tombées aujourd’hui, même si la pauvreté matérielle était bien présente.« L’Afrique est aussi quotidienne. Sa beauté naît d’une démarche dans la lumière, d’une peau luisante de sueur, de murs pétris de terre » : le commentaire de Max-Pol Fouchet, esthète passionné d’arts, est bienveillant car le reporter reste toujours attentif à la beauté qu’il perçoit, dans un paysage, un visage, un mouvement…Les sujets qui fâchent ne sont pas éludés, et nul angélisme ne prévaut ici : des documents du XVIII° siècle nous montrant des images de la Traite négrière, tout comme des images tournées à l’Ile de Gorée, « lieu de concentration » qui fit « 20 millions de déportés », commente justement l’auteur. « Qui nous aurait plaints ? Nous n’étions pas considérés comme des hommes » : la voix des déportés se fait aussi entendre, par un reporter qui vécu sa jeunesse en Algérie, pays colonisé, tout comme l’Afrique noire à la même époque…La richesse du documentaire vaut en ce qu’il couvre l’ensemble du continent, sans se cantonner aux seuls pays francophones, comme c’est trop souvent le cas dans les médias français : Sénégal, donc, mais aussi : Rhodésie (l’actuel Zimbabwe), Nigéria, Tchad, Bénin, Mali, Guinée… : des bronzes exceptionnels de la civilisation Ife (« étonnante perfection technique) à des images de femmes en pays Dogon allant chercher de l’eau dans un paysage désertique, de pêcheurs au Sénégal à la cérémonie de circoncision d’un garçon, tous les aspects de la vie quotidienne et des arts du continent sont ici abordés.Et tout au long du film, l’on est saisi d’un malaise : car les images tournées dans ces années 60, sur les marchés, dans les villes, les campagnes, les villages, les ports de pêche, nous montrent – comme ces images d’un marché à Mopti au Mali, ville-noeud commercial important autrefois sur le fleuve Niger – une foule vêtue de vêtements riches, bazins damassés pour les hommes, lourdes boucles d’oreille peuls en or pour les femmes – et l’on se surprend à penser que l’Afrique de ces années-là n’était pas misérable, même si elle était encore pauvre matériellement.La société de consommation n’était pas encore arrivée là, avec ses inégalités criantes, les détritus qui jonchent les rues, et les gamins et gamines des rues dépenaillés qui ont accompagné, sur toute la planète, pays du Sud comme du Nord, ce que nous voulons un certain « sous-développement » des sociétés, quand les économies, elles, prospéraient, aux dires des experts…

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