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Mwazulu Diabanza : « Notre combat est celui de la justice et de la réparation du mal subi par nos ancêtres ».

Cela fait quelques mois qu’il s’illustre comme porte étendard de la revendication d’une restitution sans condition du patrimoine culturel africain détenu par les musées occidentaux. Depuis sa visite du 12 juin 2020 au musée du Quai Branly à Paris, son procédé est toujours le même : accompagné de ses amis, Mwazulu Diabanza entre dans un musée, localise un objet exposé, de préférence un qu’il peut retirer sans détériorer le présentoir. Et il tente de repartir avec en disant être venu récupérer ce qui lui appartient, ce qui appartient à ses ancêtres. Toutes ses actions sont relayées en direct-live sur les réseaux sociaux ; ce qui, inévitablement, embarrasse quelque peu les gardiens et conservateurs des musées qu’il accuse de vol. Bien entendu, cela lui vaut chaque fois d’être interpellé par la police. D’ailleurs, au terme du mois de septembre en cours, ses amis et lui seront présentés à un juge à Paris. Mwazulu Diabanza dérange. Mais qui donc est cet homme que personne ne connaissait il n’y a encore que très peu de temps ? et que veut-il exactement ? La réponse dans cette interview exclusive accordée à Lifeafrica.tv

Vos actions sont de plus en plus suivies par l’opinion internationale. Mais peu de gens savent qui est vraiment Mwazulu Diabanza et que veut-il exactement ?

D’abord merci à Lifeafrica.tv de m’offrir cette occasion de m’adresser à ceux qui veulent comprendre les motivations qui sont les miennes et celles de mes compagnons de lutte, dans la démarche que nous avons déclenchée depuis un moment. 

Mwazulu Diabanza Siwa Lemba est un Africain, descendant direct de la lignée matriarcale de Ntumba Mvemba, troisième fille du roi Nzinga Mvemba Nkuwu qui fut le deuxième Ntolila (roi) du Kongo entre 1456 et 1543. Comme ceux qui luttent à mes côtés et comme beaucoup d’Africains, Congolais ou non aujourd’hui, je suis soucieux d’avoir un accès libre à mon héritage culturel ancestral. Et je m’insurge contre l’impossibilité d’y parvenir, parce que ce qui constitue un des actifs culturels et cultuels de l’héritage de mon ancestralité et qui me revient de droit, est aujourd’hui la « propriété » de gens qui ont spolié les miens de leurs attributs du pouvoir et de leur patrimoine, et qui en font un usage mercantile, au détriment des ayants droits légitimes.

À ce titre, j’ai la responsabilité, en tant que sujet du royaume du Kongo et citoyen africain, de faire en sorte que le patrimoine qui est le nôtre puisse revenir à qui de droit. La volonté qui m’anime est d’accomplir cette tâche qui, pour moi, est une lourde responsabilité et un devoir face à ceux qui nous ont légué cet héritage.

Nous parlons donc d’artéfacts qui sont exposés dans des musées à travers le monde et qui sont considérés comme des « Arts premiers » d’origines africaines. C’est bien cela ?

Les Arts premiers, non ! Pour ce qui nous concerne, nous ne pouvons pas réduire ces artéfacts à la seule signification d’objets d’art. Nous parlons d’un héritage social, culturel, cultuel, spirituel et sacré, qui se retrouve en Occident chez des particuliers et dans des musées. Ces derniers les considèrent comme des objets d’art. Mais c’est une lecture erronée et purement profane de ceux qui n’ont pas compris la fonction véritable et originelle de ces artéfacts que je préfère appeler entités. Car, ce sont des membres de nos familles claniques, tribales, lignagères, nationales et spirituelles. Pour nous, ces artéfacts représentent des reliques et des temples, au même titre que les temples chrétiens, islamiques, judaïques, bouddhistes et autres. Ce sont des temples et des arches d’alliance dans lesquelles séjournent les divinités qui ont participé à la cohésion, à l’harmonie, à la paix et à l’essor de nos sociétés.

Bien évidemment, il y a un coté esthétique de ces entités. Quand on examine certaines de ces pièces, on est en effet frappé par le génie créateur et la maîtrise des notions géométriques qui ont prévalu à leur conception. Mais la finalité n’était pas d’en faire des objets d’art en tant que « créations destinées à produire chez l’homme un état particulier de sensibilité, plus ou moins lié au plaisir esthétique », tel que le dictionnaire Larousse en donne une définition simple. Vous comprenez que nous sommes là dans une horrible confusion des genres.

Quelle importance cela revêt-il pour vous de récupérer ces objets ? 

Nous tenons à les récupérer pour opérer une réconciliation entre l’Africain et son histoire, entre l’Africain et sa spiritualité ; entre nous-mêmes, nos familles, nos clans, qui nous ont légué ce patrimoine. Mais, au-delà, il y a une préoccupation autrement plus noble qui fait que notre combat est celui de la justice et de la réparation d’une injustice de l’histoire contre notre humanité africaine. Vous n’ignorez pas que la quasi-totalité de ces objets, comme vous dites, ont été volés, arrachés à leurs propriétaires par la ruse et par la force et, très souvent, dans un contexte de violence inouïe. 

Il y a quelques mois, vous avez débuté votre activisme par un grand coup d’éclat au musée du Quai Branly. Depuis-lors, combien de musées avez-vous visité de cette façon ? 

Après le Quai Branly, nous avons visité le musée d’arts océaniens et africains à Marseille. Nous avons visité le musée de Tervuren en Belgique. L’étape de Tervuren avait un aspect pédagogique, parce qu’elle nous a permis de révéler aux yeux du monde la cruauté et la barbarie qui ont prévalu à la collecte des objets qui sont exposés dans des musées à travers le monde. Pour ceux qui connaissent l’histoire de la Belgique et du Congo-Belge, ils savent à quel point le roi Léopold II a été particulièrement inhumain envers les Congolais. Nous sommes ensuite allé au musée de Berg En Dal aux Pays-Bas. Et nous y avons fait la même chose qu’à Marseille et à Tervuren. C’est notre dernière action en date.

En général, vous publiez à l’avance les musées que vous vous apprêtez à visiter. Quel accueil vous est réservé une fois sur les lieux ?

Il y a dans l’esprit de beaucoup de citoyens occidentaux une reconnaissance des injustices subies par les peuples africains. Ils ont conscience des fautes commises par leurs ancêtres. C’est principalement ce que nous avons pu constater à Berg En Dal où les populations nous ont accueilli à bras ouverts. Et lorsque notre véhicule et nos portables ont été confisqués de façon arbitraire, ce sont des citoyens de la ville qui nous ont aidés à passer nos premiers coups de fils et même à enregistrer les premiers direct-lives. Nous avons vu toutes les catégories de la société, tous les âges, prendre faits et causes pour nous. Et, alors que l’information était mal traitée dans certains médias qui parlaient de tentative de vol dans un musée, plusieurs d’entre eux sont venus vers nous pour prendre notre propre version des faits. Cela a eu pour effet de restituer la vérité. Et beaucoup en sont venus à se poser la question de savoir s’il est déjà trop tard, ou si la Hollande peut encore faire quelque chose pour réparer cette injustice. 

D’ailleurs, depuis notre passage, quatre musées réunis dans le cadre du Tropenmusem sont entrés en contact avec nous et nous proposent, au nom de l’éthique, d’entamer des discussions en vue de la restitution de tout ce qui a été pris de force. 

Cette attitude est-elle la même en France ?

En France, l’engouement est surtout celui des diasporas africaines qui luttent pour une Afrique libre de toutes formes de dominations. Cependant, l’omerta est totale au niveau de l’élite politique française et des médias français. Et quand certains médias veulent en parler, ils le font sans nous, ce qui laisse libre-cours à toutes formes de spéculations et de supputations. Mais depuis que les médias hollandais nous ont ouvert leurs antennes, certains médias français commencent à s’intéresser un tout petit peu à nous.

À combien évaluez-vous le nombre d’artéfacts d’origine africaine qui sont détenus par les musées à travers le monde ? Avez-vous essayé d’en dresser le répertoire ?

S’il ne faut parler que de ce qui est en possession des musées, les chiffres tournent autour de 500 000 à 600 000 pièces. Mais s’il faut intégrer tout ce qui est détenu par des familles de collectionneurs et des particuliers, ces chiffres sont certainement à multiplier, au bas mot, au quintuple. Il faut savoir que lorsque ces objets arrivaient dans de nombreux territoires de l’Occident, la part qui était mise dans les musées ne représentait que la portion congrue. Et c’était généralement dans le but d’en tirer des bénéfices à travers la curiosité des populations et des touristes. Il y a aussi des pièces qui ont été récupérées par des États à la suite de conflits entre détenteurs. 

Mais il y a une chose dont il ne faut pas s’éloigner de vue, c’est qu’il y a parmi des conservateurs de musées, des marchands et trafiquants d’objets d’arts, des particuliers qui détiennent des collections impressionnantes de ces objets. Et parmi eux, il y a des hommes et des femmes politiques qui en possèdent dans leurs réserves personnelles, dans leurs maisons, dans leurs bureaux. On connait d’ailleurs diverses structures de vente aux enchères, bien officielles pour certaines qui ont pignon sur rue, et qui font partie de la liste de ceux qui détiennent des pièces considérées comme d’une extrême rareté. Mais aucun n’admet qu’il s’agit de vol et de recel d’objets volés.

Notre première préoccupation dans le processus de restitution de tout ce patrimoine était d’abord de nous adresser aux gouvernements. Ensuite, nous nous tournerons vers les privés et vers ces maisons qui participent à ce trafic. Et enfin, il arrivera un moment où nous lancerons un appel à toutes les populations occidentales afin qu’elles acceptent d’entreprendre la démarche de la justice et de la dignité en acceptant de coopérer avec le processus de restitution que nous sommes en train de mettre en place. Et la question qui leur sera posée est celle de savoir si, au nom de l’éthique morale et de la justice, ces gens dont nous ne doutons pas de l’intégrité sont conscients des faits. S’ils font le choix délibéré de donner raison aux prévaricateurs et aux voleurs qui en font du trafic et s’ils veulent toujours en faire partie en toute connaissance de cause.

Parlant justement des circonstances dans lesquelles tous ces objets se retrouvent dans tous ces endroits. Qu’est-ce qui est le plus gênant pour vous ?

D’abord, nous considérons que ce la ne relève pas du bon sens. Toutes ces personnes conçoivent bien ce que sont les droits de la propriété, aussi bien intellectuelle que matérielle. Ces objets constituent le patrimoine culturel des populations qui sont bien identifiées et connues de tous. Le bon sens aurait voulu que maintenant que chacun a conscience de leur provenance et de la manière inhumaine dont ceux-ci ont été collectés, on les restitue à ceux qui en sont les propriétaires légitimes. Ce sont des objets de culte, des reliques dont les uns et les autres connaissent l’importance spirituel et le caractère sacré. 

On a récemment vu le président français Emmanuel Macron se rendre à la cathédrale Sainte Geneviève à l’occasion de la célébration des 150 ans de la république française pour se recueillir devant les reliques de Joseph qui sont conservées sur place. Tout le monde sait que, dans les croyances et les traditions de la France, ces reliques ont toujours été considérées comme protectrices des rois de France et, aujourd’hui, des présidents. Donc, à ce niveau, on voit que l’importance que nous accordons à nos reliques du point de vue de la protection et de la cohésion de nos sociétés africaines est justifiée. 

Il m’est très difficile de comprendre aujourd’hui l’incohérence qui frappe des gens qui défendent ce type de valeurs pour eux-mêmes et qui sont des citoyens de Nations qui se disent respectueuses des droits humains, mais en même temps, ne parviennent pas à reconnaitre aux peuples africains le droit de défendre ces mêmes valeurs pour eux et d’être les gardiens de leur propre patrimoine spirituel.

Et ce qui est le plus choquant, c’est qu’ils savent aujourd’hui la manière peu orthodoxe dont les objets ont été arrachés à leurs propriétaires. On sait que des femmes ont été violées, éventrées ; des enfants ont été mutilés, des hommes ont été tués, des pans entiers de populations ont subi des massacres et des violences horribles qu’on a du mal à décrire aujourd’hui. Mais on n’observe aucun effort, aucune démarche personnelle partant d’eux-mêmes pour reconnaitre que les faits relevaient de la barbarie la plus abjecte et qu’ils ne désirent pas être comptables de cela.

Avez-vous malgré tout des soutiens dans votre action ? Y a-t-il des gens qui entrent en contact avec vous pour vous encourager dans votre combat ?

Beaucoup de familles de dynasties royales africaines qui ont été les premières à entreprendre des démarches dans le sens de notre lutte et beaucoup d’associations dont l’action s’inscrit dans le même combat, sont en contact avec nous et suivent notre évolution sur ce terrain. Mais je dois dire qu’au niveau des États africains, cette démarche est un peu timide. D’un autre côté, nous avons un soutien considérable des diasporas africaines et Afrodescendantes du monde entier qui, depuis le déclenchement de notre action le 12 juin 2020 au musée du Quai Branly, nous suivent, nous font des propositions concrètes de soutien et manifestent leurs efforts de solidarité à notre égard.

Mais est-ce que vous êtes parvenus, depuis le début de votre action, à établir un dialogue avec des représentants officiels des États, aussi bien en Afrique qu’en Occident ?

Au niveau des pays européens, il y a pas mal de contacts qui ont commencé à être établis. Depuis notre étape de la Hollande, nous avons reçu des invitations et des débuts de discussions. Il en est de même pour les autorités belges. Pour le moment, tout cela reste encore à un stade embryonnaire, mais les choses se font petit à petit. Mais pour ce qui est des dirigeants africains, il n’y a rien de concret qui se dessine. Nous en sommes d’ailleurs choqués et stupéfaits de constater que plusieurs d’entre eux se dérobent et nous laissent seuls dans cette démarche. C’est quand-même à eux qu’il revient en premier lieu la légitimité pour poser le problème que nous tentons de résoudre. Mais, qu’à cela ne tienne, nous sommes déterminés. C’est une voie dans laquelle nous nous sommes engagés en tout âme et conscience. Et nous sommes, au vu de cela, confortés dans l’idée que nous nous faisions déjà de ces dirigeants-là. Je ne vous cache pas que nous les considérons comme complices du maintien de l’Afrique sous domination occidentale.

Il y a, à côté de cela, des organisations qui préexistent à la nôtre et avec lesquelles nous avons eu des échanges. Mais de ce côté-là également, nous avons des réserves du point de vue de leur démarche. Certaines nous ont désagréablement surpris en trouvant normal que le président de la République française leur ait proposé la restitution de 26 œuvres, dont un sabre qui reviendrait au Sénégal. Mais cette restitution, qui aurait pu être considérée comme un premier pas qui va dans le bon sens, a été actée en excluant pour les récipiendaires la qualité de propriétaire. 

Cela nous choque au plus haut point. Nous n’arrivons pas à concevoir qu’on laisse aux prévaricateurs et aux voleurs de décider quand, comment et quelle quantité faudrait-il pour opérer une restitution qui est un fait de droit. Et nous disons que si la reconnaissance des faits est établie et qu’il y a une démarche engagée pour une restitution, c’est au propriétaire qu’il appartient d’identifier ce qui lui a été pris et de fixer les conditions du rétablissement de ses droits.

Nous, ce qui nous préoccupe, ce n’est pas d’être une entrave aux bonnes relations avec ces États et leurs peuples. Notre démarche vise le respect des droits de chacun pour la préservation de la paix, parce que derrière ces objets que nous réclamons, il y a l’histoire de l’humanité et de la création. Il y a la compréhension bien consentie du vivre ensemble en tant qu’humains. Il faut qu’au bout de ce processus, l’humanité parvienne à réparer ce qui peut être réparable dans les actes immoraux, les actes d’indignité, de non-respect et de barbarie qui ont été commis tout au long de son histoire.

Que pensez-vous de l’argument qui est souvent avancé en France et dans d’autres pays occidentaux qui consiste à dire que les objets dont vous réclamez la restitution ne seraient pas bien conservés une fois en Afrique ?

Parmi les entités donc il est question ici, il y en a qui ont plus de 300 ans d’existence. Un âge avancé qui était, pour un grand nombre d’entre elles, déjà réel longtemps avant l’arrivée des Occidentaux en Afrique. Ils les ont trouvé en bon état et le fait qu’ils conservent ce bon état jusqu’à ce jour n’est pas de leur fait. Cela veut donc dire que nous savons les conserver. Et je dois ajouter que le fait d’être exposé dans des musées ou dans tout autre endroit qui n’obéit pas aux conditions de leur créations est ce qui peut être le plus indélicat pour ces entités. Parce qu’ils s’agit d’exhibitionnisme et d’un manque total de respect à leur égard. Ces entités sont humiliées, leur nudité est étalée aux yeux du monde et leur intimité est violée. Certains de ces artéfacts n’étaient pas destinées à être vus du tout-venant. Il fallait des prédispositions et des conditions particulières pour pouvoir les contempler. Et c’est précisément ce que les musées ne respectent pas, parce qu’il y a l’appât du gain. C’est exactement le processus qui a amené des Occidentaux que nos ancêtres ont accueilli en toute fraternité à exposer par la suite ces derniers dans des zoos humains. 

C’est une logique implacable d’une oligarchie qui doit déshumaniser l’Africain et faire passer pour viles ses réalités afin de mieux l’exploiter sans que personne n’y trouve à redire. Vous vous rappellerez que lorsque les Africains ont amorcé le combat pour l’indépendance de leurs peuples et la souveraineté de leurs États, c’est cette même question qui leur a été posée : « serez-vous capables de diriger cette Afrique sans l’Occident ? ». Aujourd’hui, nous voyons que si l’Afrique n’y parvient toujours pas, c’est uniquement parce que des pays comme la France ont conservé leur mainmise sur nos territoires, appuyée par des troupes militaires, afin de nous empêcher d’y parvenir. Ceux qui tiennent des propos pareils font une insulte à notre intelligence.

Dans quelques jours, vous serez présenté à un juge pour répondre des accusations de vol et de détérioration de biens publics. Quelle sera votre ligne de défense ?

Je porterai la voix de l’Afrique. Je porterai la voix de mes ancêtres qui, ce jour-là, seront présents avec nous dans ce tribunal pour nous regarder avec bienveillance, avec fierté et avec dignité par rapport à cet acte pour lequel nous serons jugés. Ils verront à travers notre détermination à faire triompher la justice que le combat qu’ils ont eux-mêmes mené pour s’opposer à leurs ravisseurs n’est pas tombé dans les trappes de l’histoire. Pour mener ce combat, le roi du Kongo, Nvita a Nkanga, disait : « Kimfoua mfoua kimpinga pimga vo ka mu mwana ko mu ntekolo à me ». Entendez : « si ce n’est pas moi, ce seront mes enfants ou mes petits-enfants ». Je porterai donc cette voix-là et ce sera pour nous une occasion de faire la restauration de la vérité historique et de briser cette chappe de silence qui pèse sur la tragédie qui a frappé nos peuples et nos Nations.

Et enfin, la grande question  à laquelle les juges seront soumis et qui se posera à leur intime conviction, c’est celle de savoir s’il est éthique, s’il est moral de donner raison aux prévaricateurs et aux voleurs. Autrement dit : la justice occidentale, les gouvernements européens et autres, sont-ils capables aujourd’hui de reconnaitre au bénéfice des Africains un préjudice établi et qui entre dans le cadre pénal de leurs propres législations ? Sont-ils prêts à examiner tout cela avec justice et équité et prononcer un verdict qui ne soit pas en contradiction avec leurs propres préceptes ?

En supposant que vous soyez condamné ou acquitté, quelle sera pour vous la suite des événements ?

Si je suis condamné, ce sera que la justice française nous aura permis d’entrer dans le carré fermé de ces grands hommes qui, à travers l’Afrique et l’humanité tout entière, ont réussi à donner leur corps et leur vie en sacrifice pour la libération des sociétés humaines et, partant, de l’humanité. Si par contre je suis acquitté, c’est un message fort que la justice française enverra à tous ces prévaricateurs et à tous ces voleurs pour qu’ils sachent que nous sommes dans notre bon droit.

Dans les deux cas de figure, notre position sera honorable et nous poursuivrons le combat avec la même force qui nous habite jusqu’ici. Notre détermination va au-delà de toute considération protocolaire, sécuritaire, et même au-delà de nos vies. 

« Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » (Albert Londres).

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