fbpx
Connecte-toi avec nous

Salut, que cherchez-vous?

Life Africa TV

Interview

[Algérie] Le désert de la soif : le rêve d’une eau potable enfin réalisée (suite).

Le Sahara, un des plus grands déserts au monde, est une aventure unique. L’Homme y est confronté à Dame Nature dans une de ses plus rudes expressions. Y vivre est un véritable défi, presqu’une « mission impossible », tant cette perspective engage l’Homme dans un bras de fer perpétuel avec les éléments qui le force à aller au bout de ses limites sans jamais avoir la certitude d’en sortir vainqueur. C’est ce qui caractérise le quotidien des peuples du sud de l’Algérie qui ont le désert comme espace de vie. Une aventure aux extrémités des possibles que Hocine Houame, originaire d’Alger, a bien voulu partager avec nous. En nous ouvrant son cœur avec sa gentillesse et sa bravoure, il nous invite à découvrir tout un univers de sensations et de réalités, comme il les vit dans ses actions humanitaires à haut risque dans l’un de ses intrépides voyages sahariens

Hocine, vous rentrez d’une mission humanitaire dans le sud désertique de l’Algérie. Comment vous sentez-vous ?


En vérité, Je me sens coupable de manger à ma faim dans un monde où la corruption, l’individualisme, le capitalisme sauvage, le gaspillage, l’indifférence, fabriquent la misère. Cela me donne plus envie de partir rencontrer ces personnes que je trouve extraordinaires, afin de les aider du mieux possible. C’est un besoin qui se manifeste en moi comme un appel. Et j’en suis à me demander si c’est vraiment moi qui leur apporte quelque chose ou si ce n’est pas plutôt le contraire.

Pourquoi cet engagement humanitaire dans le grand sud Algérien qui est si rude ? Qu’est-ce qui vous sensibilise à la cause de ces gens ?


Leur humanité, leur simplicité et leur joie de vivre, leur enthousiasme exceptionnel, malgré la misère et le manque de tout. En réalité, ces gens devraient être un modèle pour nous tous. La disparition de l’individu se fait au bénéfice de la communauté chez les gens du sud de l’Algérie. Et c’est assez prégnant quand on vient d’Alger comme moi où les réalités sont tout autres.

Faites-vous partie d’un organisme humanitaire ?

Non, pas un « organisme » comme on le conçoit généralement. Il s’agit là d’un travail et d’un effort individuel qui consiste à sensibiliser les gens et à récolter des dons (Vêtements, panneaux solaires, denrées alimentaires, etc.) que je redistribue à des gens dans le besoin. Mais il m’arrive de collaborer avec des associations à but non lucratif et des ONG qui mènent des missions humanitaires sur place.
C’est un engagement et un dévouement dans un milieu où beaucoup d’inégalités existent et continuent de s’aggraver jours après jours. La fracture sociale avec le reste du pays y est importante. Pourtant je reste convaincu qu’avec seulement un geste simple de solidarité, nous pouvons améliorer la vie de beaucoup de personnes nécessiteuses. Cela tient parfois à un rien. Même rien qu’avec le concours de nos familles, de notre entourage, de nos amis, de nos collègues de travail… nous pouvons contribuer à faire bouger les lignes. Je lance d’ailleurs un appel à la solidarité à tout le monde. Que ce soient des personnes physiques ou morales (Sociétés, institutions…). Nous pouvons créer une chaîne de solidarité plus importante grâce aux réseaux sociaux et obtenir la contribution de chacun dans cette démarche humanitaire.

Quel est votre approche avec les autorités de la région de Tamanrasset ?

Suite à une rencontre organisée en début juin par monsieur El-Ouandri El-Maghili, le président de L’APW (Présidence de la Wilaya ou Région) de Tamanrasset en collaboration avec son adjoint, monsieur Ag Amastane Badi Kenou, nous avons entrepris d’examiner ensemble la situation de la région de Tamanrasset et d’analyser leurs problèmes et les stratégies adaptées pour les résoudre. Tous deux sont évidemment préoccupés par les problèmes de leur région et par les besoins les plus pressants de leur concitoyens ; notamment le manque d’eau et de puits dans les régions isolés, en particuliers chez les nomades.
Lors de cette réunion, nous nous sommes accordés sur un objectif : aider les communautés du grand Sud à régler plus efficacement leurs problèmes et à réaliser leurs projets de développement qui consistent à améliorer la qualité et les conditions de vie de la population des nomades. La situation socio-économique de Tamanrasset est en dégradation continue depuis plusieurs dizaines d’années.
L’aggravation alarmante de la situation devenant de plus en plus précaire à cause de l’accroissement démographique, cela demande à remette en cause les méthodes pratiquées par le gouvernement dans le passé. On sait que les mesures prises par le gouvernement lui coûtent beaucoup de travail, de dévouement et un certain esprit de sacrifice, mais elles permettent aux populations cibles d’aspirer à un avenir meilleur.
les régions du sud Algérie ne pourront se dire vraiment indépendantes tant qu’elles resteront tributaires de l’aide de l’état pour la satisfaction de besoins aussi fondamentaux que l’alimentation et d’autres exigences économiques vitales. Il faut donc les amener à palier un certain nombre de leurs besoins autrement.

Cette fois, vous êtes allés à Tamanrasset pour aider à la construction d’un puits. Était-ce là votre seule mission d’aide humanitaire dans la région du sud ?


Le désert est une expérience limite. Mais surtout parce que le lieu même est essentiellement insaisissable, il reste toujours à appréhender, à décrire, à dire, il est un défi permanant. Il s’agit pour nous de repousser nos limites physiques et mentales, car chaque voyage nous met à rude épreuve. On est brûlé par un soleil de plomb, noyé dans la poussière de la tête aux pieds, piqué par un frelon géant qui est appelé sur place Hankoukeur et qui est venimeux. Nous sommes constamment menacés par des insectes dangereux, des serpents et des scorpions, mais aussi les animaux dangereux comme les chiens errants et les hyènes. Mais tout cela n’est rien à côté du soulagement que nous apportons aux gens sur place.
Et comme dit un dicton Touareg : Amane imane (l’eau c’est la vie). Alors, nous nourrissons le même rêve avec un autre puits, bien- sûr !
Entre le 5 et le 12 juin dernier, nous avons réalisés deux autres chantiers d’installation de panneaux solaires, accompagnés des pompes à eau dans deux villages différents. Le premier dans la région de Tamikr, à 80 km au nord de la ville de Tamanrasset, et le second dans la région de Izermen, à 70 km dans le sud de Tamanrasset.
Ce sont des moments assez intenses, avec leur lot de contraintes. Mais tout ça disparait quand l’innocente et joyeuse petite fée Fatema vient me remercier. La joie arrive et m’éclaire.

« Ôh petite ange, tu n’as pas la moindre idée de ce qui s’est passé quand tu m’as remercié avec tes petites mains bénies. tu as effacé toute la fatigue qui semble être anesthésiée doucement. » Enfin un rêve qui devient une réalité, ce jour viendra ….

Paroles écrites par Hocine Houam

Écrit par

《La civilisation n'est pas un entassement, mais une construction, une architecture.》Malek Bennabi

1 commentaire

1 commentaire

  1. Azizi

    27 juillet 2020 at 13 h 12 min

    Bravo, bon continuation 🙌

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Vous aimerez aussi